dimanche 8 novembre 2009

Camp BUCCA

«Bucca», le camp de concentration américain

Article rédigé le 07 nov 2009, par Mecanopolis

Camp Bucca… Pour les journalistes américains, il s’agissait de cette prison idéale où le Pentagone «tournait le dos à 180º à Abou Ghraib». Lorsque ce site a été contraint de fermer ses portes le 17 septembre dernier, l’événement a reçu peu d’écho. Et pourtant: grâce au témoignage d’un contractant extérieur qui y a travaillé de manière régulière durant des années, nous sommes en mesure de révéler qu’il s’agit, dans l’histoire contemporaine, du plus vaste centre de rétention géré par l’armée américaine. Sans jugement, sans avocat, sans même un mandat d’arrêt, quelque 2000 à 3000 personnes y étaient retenues en 2005. Elles étaient 9000 début 2006. Et début 2008, un record de 28 000 personnes y a été atteint: un authentique camp de concentration, au plein sens du terme.

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Explication: en 2005-2006, face à la flambée des violences – et bien que l’Irak ne compte que 31,2 millions d’habitants – le Pentagone s’est lancé dans une campagne d’arrestations massives. Pas des insurgés: des suspects, dénoncés à la suite d’un litige foncier ou d’une simple dispute. Au plus fort de cette campagne, les forces américaines ont détenu jusqu’à 60 000 personnes dans le pays, alors que les forces irakiennes n’en détenaient de leur côté que 40 000. Soit 100 000 prisonniers, un chiffre aujourd’hui ramené à environ 60 000.

C’est alors qu’un centre de détention autrefois mineur, Camp Freddy, situé en plein désert près de la ville d’Um Qasr, presque sur la ligne frontière du Koweït, a pris toute son importance. Lorsqu’ils s’en étaient emparés, en avril 2003, les Américains l’avaient rebaptisé «Camp Bucca», du nom de ce pompier new-yorkais tué dans l’effondrement des tours du World Trade Center. En plein territoire chiite, entouré d’un désert qui éteignait tout projet d’évasion, une population à 80% sunnite s’est retrouvée logée sous tentes, en conteneurs maritimes, puis en conteneurs de chantier, au petit bonheur selon les développements successifs et un rien anarchiques du camp. «Ici, la température atteint les 60º centigrades en été, – 10º C en hiver, note notre source. Tous les prisonniers étaient habillés d’un jaune criard, un jaune canari: chaque homme – il n’y a pas une seule femme prisonnière – recevait pantoufles, couverture, tee-shirt jaune. A première vue, un traitement correct. Sauf lorsqu’on est 28 000, et que tout est forcément plus difficile. La santé? Il y a un hôpital, avec la possibilité de petite chirurgie, de la dentisterie, et 15 lits pour accueillir les patients. Mais lorsqu’on est 28 000, vous imaginez les retards…»

Pourtant, ce ne sont pas les conditions matérielles qui angoissent le plus ces internés: c’est le futur. Que fait l’épouse, la famille? Comment survivent-ils?

«En principe, il n’y a pas d’interrogatoire à Camp Bucca, dit notre interlocuteur. En principe. Car on enferme pour deux raisons: soit pour supprimer un risque, soit pour obtenir du renseignement. Pour le renseignement, l’armée a compris que la violence n’est pas productive. Mais on mélange «par fausse inadvertance» un chiite de l’armée du Mahdi avec un wahhabite sunnite, histoire de provoquer un clash et des dénonciations. Le chantage et la menace sont également utilisés. Ne fût-ce que la menace de ne jamais sortir de ce «trou noir» juridique.»

Et pour sortir, pas de mystère: il faut se plier à des sessions de rééducation dignes du Nord-Vietnam: «L’idée est que les personnes peuvent être rééduquées. Les Américains ont ainsi mis en place des cours de peinture, où les motifs dépeignent la concorde entre Américains et Irakiens. Il y a aussi, avec l’accord de certains mollahs locaux, des groupes de relecture du Coran. Avec des mollahs approuvés par les Américains, bien sûr. Un certain nombre de cours de «rééducation» sont donnés. Si l’interné accepte, c’est un point en plus dans son dossier. L’armée le nie, mais c’est pris en compte: comme à Guantanamo, tous les dossiers sont revus par des commissions militaires (environ six personnes dont un traducteur), et le comportement du prisonnier est inscrit dans ce dossier.»

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Tous les internés ne sont pas égaux: ils sont triés en trois niveaux de dangerosité. «Pour les hauts risques», ceux qu’ils appellent les «salafistes», soit 700 à 800 détenus, a été constitué un «quartier rouge». Ceux-là vivent par groupes de 10 à 15, logés à chaque fois dans deux conteneurs maritimes de 40 pieds (12 mètres) mis côte à côte, soudés l’un à l’autre et dans lesquels ont été ouvertes à la meule des fenêtres et aérations. Les soldats meulent aussi la cloison intérieure, pour former un seul espace. En gros, l’équivalent d’un conteneur permet aux 10 à 15 prisonniers de dormir, l’autre conteneur abritant une arrivée d’eau avec lavabo et, derrière un rideau, un WC à la turque. Et c’est là-dedans que certains ont vécu plus de quatre ans, ne pouvant en sortir qu’une heure par jour…»

Petit calcul: en dimensions intérieures, un conteneur maritime fait 12,04 mètres sur 2,33 mètres. Quinze détenus se partagent donc 56,1 m², soit un espace moindre (3,74 m²) que les 4,46 m² de Camp Echo, à Guantanamo. A titre de comparaison, l’ACA, l’Association pénitentiaire américaine, estime qu’un détenu a toujours droit – au minimum – à 7,43 m².

En revanche, l’unique heure quotidienne de promenade respecte – au cordeau – les règles standards minimales confirmées en mai 1977 par les Nations unies. «Mais, remarque notre source, ils sortent dans un espace clos avec double grillage et barbelés. Pour chaque logement de ce «quartier rouge», il y a une zone tampon, un mirador, un poste de garde avec deux ou trois hommes et, s’il faut intervenir en cas de désordre, une force d’intervention à disposition.»

Question: en septembre dernier, pourquoi avoir subitement fermé ce camp et relâché des milliers d’hommes qui en garderont un souvenir rageur? Parce que l’accord sur le statut des forces (Sofa) conclu entre Bagdad et Washington stipulait qu’à partir du 1er janvier 2009, les détentions devaient être justifiées par un mandat d’arrêt. Donc par un juge. Au strict minimum, il fallait ouvrir une information judiciaire. Dès lors, Camp Bucca était condamné. Ultime vacherie: ceux qui, à ce moment, ont pu être inculpés n’ont pas vu leurs années d’internement assimilées à de la détention préventive. Ils étaient tombés dans un trou noir, tout simplement.

Alain Lallemand, pour Le Temps (Suisse)

guerre des services secrets à Bagdad

Guerre des services secrets à Bagdad

par Gilles Munier

Amitiés Franco-Irakiennes –

(novembre 2009)

L’Irak est un champ de bataille entre services secrets. Une bonne quinzaine y crée un climat de terreur à coups de black ops et psy ops, sans considération pour le nombre de victimes civiles. A côté des principaux : l’Iraqi National Intelligence Service (INIS- pro américain) et le ministère de la Sécurité nationale (MNS- pro iranien), on peut citer dans le désordre ceux du ministère de l’Intérieur, de la Défense, l’Asayish kurde - dans les régions de Ninive, de Kirkouk et de Diyala - et ceux des milices arabes ou kurdes. Les plus venimeux sont ceux de la Brigade Badr « dissoute » et de l’Iraq Special Operations Forces (ISOF– pro américaine), surnommée « la Sale Brigade », passée récemment sous les ordres de Nouri al-Maliki. A cette liste, il faut ajouter les agences américaines – CIA en tête –, le Vevak iranien et les Forces al-Qods des Gardiens de la Révolution, qui tirent la plupart des ficelles. Dans cette guerre de l’ombre, la résistance n’est pas en reste, constituée dés l’origine de cadres de l’ancien Iraqi Intelligence Service actifs dans les organisations de libération, ou « dormants » dans les structures étatiques, attendant de passer à l’action.

La main des Gardiens de la Révolution
Les attentats au camion piégé du 19 août contre les ministères des Affaires étrangères et des Finances sont un révélateur des luttes intestines qui secouent le régime à l’approche des élections législatives, fixées au 16 janvier 2010. Al-Maliki pensait les remporter haut la main, fort d’un soi- disant bilan positif : départ des troupes d’occupation, amélioration de la sécurité … etc … et comptait modifier dans la foulée la constitution et instaurer un régime présidentiel. Le 18 août, à Damas, il avait parlé coopération avec le président Bachar al-Assad et remis une liste de résistants à expulser… copie conforme de celle communiquée par les Américains à la Syrie deux mois plus tôt ! Et puis, « Boum ! » : 100 morts et 500 blessés en pleine Zone verte, parmi lesquels 10% des fonctionnaires des Affaires étrangères, lui ont coupé les ailes.

Depuis, al-Maliki marche sur des œufs. Le général al-Shahwani, patron de l’INIS, lui a présenté des preuves de l’implication des services secrets iraniens dans le carnage, accusation confirmée par le général Abdul-Karim Khalaf, porte parole du ministère de l’Intérieur. L’explosif employé, du C4, est une des signatures des Forces al-Qods. Le 31 août, sur Al-Jazeera, le prince Ali bin al-Hussein, prétendant au trône d’Irak, affirmait que les Irakiens pensent que l’ISCI (Conseil suprême islamique en Irak) en est l’auteur ou, en d’autres termes : la Brigade Badr, son bras armé créé par les Gardiens de la Révolution … Même si, plus tard, « Al-Qaïda en Mésopotamie », dont c’est également le mode d’action, a revendiqué les attentats, on sait à Bagdad que l’organisation a trois têtes, dont deux soutenues par l’Iran.

La réaction d’al-Maliki fut rapide, et aberrante pour ceux qui le croient libre de toute attache avec Téhéran. Passe encore qu’il exige les démissions d’al-Shahwani et de Khalaf, le contrat du premier arrivait à son terme. Affronter Khalaf - qui refuse de quitter son poste - n’avait d’autre intérêt que d’embarrasser Jawad al-Bolani, ministre de l’Intérieur, possible rival aux législatives. Mais s’en prendre contre toute logique à la Syrie, demander au Conseil de sécurité l’ouverture d’une enquête internationale, et accuser le courant baasiste irakien plutôt modéré de Younis al- Ahmad, réfugié à Damas, c’était inattendu, mensonger, déloyal.

Al-Maliki en difficulté
La marge de manœuvre d’al-Maliki est étroite. Le président Obama le soutient, croyant qu’il facilitera le retrait sans casse d’environ 80 000 GI’s sur les 130 000 occupant l’Irak. Dans cette perspective, il demande de remplacer al-Sahwani par un de ses protégés. Le n°2 de l’INIS assure l’intérim mais al-Maliki voudrait nommer à sa place son chef de cabinet, Tarik Najem Abdallah, pour parer aux coups tordus qui vont fleurir d’ici les élections. De leur côté, les mollahs iraniens ont, comme toujours, plusieurs fers au feu. Ils jouent la carte al-Maliki, ne lui laissant que la tête hors de l’eau. Pour eux, l’Irak doit demeurer une zone de turbulence tant que la déstabilisation de leur régime sera d’actualité. La capacité des agents à changer de rôle ont pris al-Maliki de court: l’Alliance Nationale Irakienne (INA), coalition chiite concurrençant la sienne, comprend Ammar al-Hakim (ISCI) et Moqtada al-Sadr qui parle maintenant de réconciliation nationale ; et Shirwan al-Wa’ili, l’ombrageux ministre de la Sécurité, ne cache pas qu’accuser la Syrie est une erreur.

Al-Shahwani et l’INIS, service secret made in USA
Pratiquement inconnu avant sa tentative de coup d’Etat en 1996, le général Muhammad Abdallah al-Shahwani est un Turcoman de la région de Ninive, titulaire d’une médaille d’or de décathlon gagnée en 1963 à Djakarta, ancien élève de l’US Army Ranger School qui s’est illustré au Kurdistan pendant la guerre Iran-Irak, à la tête d’une unité d’hélicoptères de la Garde Républicaine. Arrêté en 1989, soupçonné d’entretenir des relations avec la CIA, libéré faute de preuves suffisantes, il fit défection en 1990, trois mois avant l’entrée des troupes irakiennes au Koweït.

A partir de la première guerre du Golfe, la CIA s’appuya sur lui pour constituer un réseau d’informateurs, puis pour renverser le président Saddam Hussein. Un soulèvement militaire – nom de code DBACHILLES - fut organisé en collaboration avec Iyad Allaoui, futur Premier ministre et agent du MI6 britannique. Infiltrés, les comploteurs furent arrêtés en juin 1996 et exécutés, notamment les trois fils d’al-Shahwani, officiers dans la Garde Républicaine, à qui ce dernier avait transmis, sans précaution, un téléphone satellitaire Thuraya. Pas découragé, le général poursuivit son travail de sape. Il prit la tête, en mars 2003, d’un réseau clandestin appelé « 77 Alpha », puis « Les Scorpions ».

Après la chute de Bagdad, les Etats-Unis regroupèrent leurs espions dans un embryon de service de renseignement : le CMAD (Collection, Management and Analysis Directorate). Puis, en décembre 2003, ils créèrent l’Iraqi National Intelligence Service (INIS). L’agence, formée et financée par la CIA, n’avait de compte à rendre ni au Parlement ni au gouvernement irakien. Nommé à sa direction, al-Shahwani enrôla d’anciens membres des services spéciaux, notamment ceux chargés d’espionner l’Iran et la Syrie, si bien que le Premier ministre al-Maliki, visitant le siège de l’INIS, se vit interdire l’accès aux étages qu’ils occupaient. Les « shahwanis », nom donné à ses troupes de choc, sont particulièrement haïs par la résistance qui les a affrontés à la bataille de Falloujah en novembre 2004, et qui leur attribue un certain nombre de tueries perpétrées dans la tradition des escadrons de la mort pro américains en Amérique latine.


Pour qui roule Shirwan al-Wa’ili ?
Le choix de Shirwan Kamel Sebti al-Wa’ili pour diriger un service de renseignement concurrent de l’INIS, demeure mystérieux. En avril 2003, il était encore proche collaborateur d’Ali Hassan al-Majid, cousin du président Saddam Hussein, surnommé par les occidentaux « Ali le Chimique ». Sa désignation par les Américains pour gouverner Nassiriya occupée, serait due à un concours de circonstances. On dit que les Marines auraient découvert un dirigeant baasiste bagdadi au domicile du cheikh Ali al-Minshid, chef de la tribu Ghizzi. De l’interrogatoire qui suivit, les officiers de renseignement américains déduirent qu’il fallait nommer à la tête du conseil municipal un Irakien capable d’enrayer le bain de sang annoncé si Saddam était renversé. Le baasiste leur dit qu’un certain al-Wa’ili, de ses amis, était l’homme de la situation. Le marché fut vite conclu.

Malgré son prénom kurde, al-Wa’ili est Arabe. Tout laisse supposer que son grand père Sebti était un Kurde féli, c’est à dire chiite, ayant intégré une tribu du sud irakien au début du 20ème siècle. Toujours est-il qu’après sa nomination, al-Wa’ili fit une carrière fulgurante. Il adhéra au parti al-Dawa sans difficulté : son frère en était un des représentants aux Etats-Unis. Sa cote au sein du nouveau régime ne cessa ensuite de progresser ; en Iran aussi, grâce à ses relations avec Abou Mahdi al-Muhandis (L’Ingénieur), auteur d’un attentat contre l’ambassade de France à Koweït en 1983, chef du Hezbollah irakien, et surtout conseiller des Forces al-Qods. Cela expliquerait sa promotion à la direction de la province de Dhi Qar, son élection au Parlement, et enfin sa nomination au poste de ministre de la Sécurité nationale. En 2006, lorsque le Premier ministre al-Maliki, également proche de « L’Ingénieur », décida de créer un rival de l’INIS, c’est al-Wa’ili qui hérita du poste. Mais rien n’est simple dans le monde du renseignement, et encore moins en Irak : les Américains ont démantelé le département anti-iranien de l’INIS et considèrent al-Wa’ili comme un homme de confiance…

Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez
Courriel :
gillesmunier8639@neuf.fr - Portable : 06 19 74 45 99

mardi 20 octobre 2009

douloureuses statistiques en Irak (fr)

Irak: douloureuses statistiques


Douloureuses statistiques en Irak !

De quoi donner des cheveux blancs aux nourrissons !

A lire et faire lire par tous !

Par Joseph Kessifi

Annahar : 07/10/2009


Quelques mois avant les élections irakiennes, un rapport confidentiel est venu révéler des statistiques et des informations terribles sur l’étendue du désastre qui a touché le pays de la mésopotamie.

Ce rapport a montré que le gouvernement de Nouri Maliki a été de tous les gouvernements irakiens d’après la chute de Saddam Hussein le plus incapable à relever les défis et à limiter les malheurs qui n’ont évité personne.

Le rapport se fonde sur des statistiques officielles récentes. Ainsi il y aurait, jusqu’au mois décembre 2008:

- Un million de veuves (ministère irakien de la femme),

- Quatre millions d’orphelins (4 à 6 enfants en moyenne par famille) : ministère irakien de la planification),

- Deux millions cinq cents mille martyrs (2.500.000) (ministère de la santé publique et les services de la médecine légale),

- Huit cents mille disparus (selon le chiffre des plaintes enregistrées auprès du ministère de la justice),

- Trente quatre mille (34.000) prisonniers dans les prisons des forces d’occupation américaine, les prisons de l’Etat et celles du Kurdistan irakien (statistiques des organisations de droits humains). Notons que les forces américaines ont reconnu officiellement détenir douze mille (12.000) personnes,

- Quatre millions et demi (4..500.000) de réfugiés hors d’Irak, (statistiques des demandes de passeports, série G, auprès de la direction irakienne des passeports),

- Deux millions et demi (2.500.000) de déplacés à l’intérieur du pays, (statistiques du ministère irakien de l’émigration, des émigrés et des déplacés).

Les statistiques officielles concernant la situation sociale, sanitaire, les conditions de vie et les services révèlent qu’il existe actuellement soixante seize mille (76.000) cas du virus du Sida, alors que leur nombre était de 114 avant l’occupation,

- Qu’on enregistre actuellement trois divorces sur quatre mariages (ministère de la justice),

- Qu’il y a actuellement 40% d’irakiens qui vivent sous le seuil de pauvreté, (ministère des droits humains).

Concernant l’éducation et l’enseignement, les partis et les organisations de la société civile, les milices et les sociétés de sécurité, les secteurs de la presse, de la télévision et de la radio, les réseaux de communication, l’organisation administrative et le fonctionnement des services financiers de l’Etat, on peut se permettre de dire n’importe quoi sans risque de se tromper.

- Le rapport révèle en effet qu’il y a une baisse vertigineuse du niveau de l’enseignement, au primaire, comme au secondaire et au supérieur (UNESCO).

- Des dizaines de milliers de faux diplômes de responsables, d’officiers, de directeurs généraux, de cadres de partis assumant des responsabilités de direction au sein de l’Etat (statistiques de la Commission irakienne de la Probité).

La société irakienne croule sous l’arriérisme alors que l’Irak a été le premier pays au monde à avoir éradiqué l’analphabétisme en 1977 (UNESCO).

- L’Irak compte actuellement cinq cents cinquante (550) mouvements politiques (Commissariat irakien aux élections),

- Onze mille quatre cents (11.400) organisations de la société civile (ministère de l’intérieur et ministère du travail et des affaires sociales),

- Cent vingt six (126) sociétés de sécurité dirigées par des services de renseignements étrangers, enregistrées auprès du ministère de l’intérieur,

- Quarante trois (43) milices armées relevant de partis politiques (enregistrées auprès des ministères de l’intérieur et de la défense ainsi que de la commission d’intégration des milices) ;

- Deux cents vingt (220) journaux et revues, financés par des services de renseignements étrangers (syndicat des journalistes irakiens) ;

- Quarante cinq (45) chaînes de télévision, elles aussi financées par des services de renseignement étrangers (direction des satellites Nilesat et Arabsat) ;

- Soixante sept (67) stations de radio, financées par des services de renseignements étrangers (Organisme irakien de l’information et des ondes) ;

- Quatre (4) réseaux de télécommunication, au coût de 12 milliards de $ chacun et appartenant à des responsables et des chefs de partis politiques. Ce sont les sociétés: Kourk, Assia, Zine et Athir.

- Plus de 11.400 sièges de partis officiellement ou non au pouvoir, l’aspect officieux est dans le fait qu’il s’agit de sociétés ou d’associations caritatives fictives servant d’écran.
La majeure partie de ces sièges appartiennent au domaine de l’Etat ou à des propriétaires privés qui ont en été dépossédés d’une manière illégale après avoir été contraints au départ ou tout simplement liquidés physiquement, ou encore loués à des particuliers mais dont les loyers sont payés par le budget de l’Etat.

Le rapport souligne aussi la dilapidation des richesses pétrolifères et minières de l’Irak, ainsi que son infrastructure industrielle et ses terres agricoles. Ces dernières sont distribuées en location de longue durée aux partis politiques conformément à la loi honnie des investissements.
De même que la liquidation de nombreuses autres richesses du peuple irakien ce qui met en danger l’avenir des ouvriers et des fonctionnaires des usines et les met dans l’incapacité d’affronter leur nouvelle situation dans le climat de corruption généralisée qui ronge tous les rouages de l’Etat.

C‘est l’image de l’Irak d’aujourd’hui, une image sombre qui ne présage rien de bon pour une rapide convalescence et son retour prometteur dans un proche l’avenir.

Le pays de la Mésopotamie est le champ clos des opportunistes qui cherchent à perpétuer son malheur pour profiter encore plus et de façon illégitime des richesses d’un peuple irakien meurtri par une dictature ayant généré une occupation sous le faux prétexte de lui apporter la démocratie et les droits huma ins. Les irakiens se sont vite aperçus de la supercherie et nombre d’entre eux regrettent maintenant l’ancienne dictature malgré sa tendance totalitaire, sa violence, sa propension à limiter les libertés et ses atteintes graves à leur dignité humaine.

A quelques mois d’une échéance électorale décisive, ces statistiques, inspirant la terreur,nous interpellent et posent la question de savoir si l’Irak parviendra à effacer cette image sombre et douloureuse, si ses enfants parviendront à opérer le changement nécessaire à travers les urnes, font le bon choix de leurs futurs dirigeants et rompent avec l’expérience malheureuse du gouvernement Maliki pour se consacrer enfin à l’édification d’un Etat en paix avec ses citoyens et avec son environnement, un Etat où le droit prime sur toute autre chose et dans lequel tous ses citoyens se retrouveront en harmonie.
Malgré les nuages sombres qui ternissent le ciel irakien, nous ne pouvons qu’émettre l’espoir,
avec tous les irakiens, que cela finisse un jour prochain et qu’un nouveau Mou’tasamah se dresse pour le sauvetage !


Traduit de l’arabe par Ahmed Manai
tunisielibre@yahoo.fr



mardi 13 octobre 2009

douloureuses statistiques en Irak



العـراق: احصـاءات يشيب لهـا الرضّـع

إقرأوه جيداً، واجعلوا كل مواطن، وحـرّ، يقرأه مثلكم.





بقلم جوزف قصيفي "النهار" 07/10/2009

قبل اشهر من الانتخابات العراقية سلّط تقرير سري الضوء على احصاءات ومعلومات مخيفة عن حجم النكبة التي حلت ببلاد الرافدين. وقد بيّن التقرير ان حكومة نوري المالكي كانت أكثر حكومات عراق ما بعد صدام حسين عجزاً عن مواجهة التحديات والحدّ من المآسي التي لم توفر أحداً. ويستند التقرير الى احصاءات رسمية ترقى الى زمن غير بعيد، وفيها ان هناك مليون ارملة (وزارة المرأة العراقية 2008) وأربعة ملايين طفل يتيم (اذا كان معدل العائلة العراقية من 4 الى 6 اطفال بحسب تقديرات وزارة التخطيط) ومليونين وخمسمائة الف شهيد (حسب احصاءات وزارة الصحة العراقية والطب العدلي حتى شهر كانون الاول 2008)، وثمانمائة ألف مغيَّب (حسب إحصاءات الدعاوى المسجلة لدى وزارة الداخلية العراقية حتى كانون الاول 2008) وأربعة وثلاثين ألف سجين في معتقلات قوات الاحتلال وسجون الدولة وإقليم كردستان، وذلك وفقاً لإحصاءات مراصد حقوق الانسان، علماً أن القوات الاميركية كانت قد اعترفت رسمياً بوجود اثني عشر الف سجين لديها. اضافة الى أربعة ملايين وخمسمائة الف مهجر الى خارج العراق (حسب احصاءات المتقدمين الى جوازات فئة ج لدى مديرية الجوازات العراقية حتى نهاية كانون الاول 2008) ومليونين وخمسمائة الف مهجر في الداخل (حسب احصاءات وزارة الهجرة والمهاجرين والمهجرين العراقية).
وتناولت الاحصاءات الرسمية الحالات الصحية الاجتماعية والمعيشية والخدماتية، فسجلت الآتي:
•76000 حالة ايدز، بعدما كان العدد الاجمالي للمصابين بهذا المرض قبل الاحتلال 114 وفقاً للاحصاءات الصادرة عن وزارة الصحة العراقية.
• ثلاث حالات طلاق من أصل اربع حالات زواج بعد الاحتلال، بحسب احصاءات وزارة العدل.
• 40%من الشعب العراقي هو تحت خط الفقر (وزارة حقوق الانسان العراقية).
أما على مستوى التربية والتعليم والأحزاب وهيئات المجتمع المدني والميليشيات والشركات الأمنية ووسائل الاعلام في قطاعات الصحافة والتلفزيون والاذاعة، وشبكات الاتصالات والهيكليات الادارية والمالية للدولة، فحدّث ولا حرج. اذ يشير التقرير الى:
• انحدار التعليم الجامعي والأساسي (منظمة الأونيسكو).
• عشرات آلاف الشهادات المزورة لمسؤولين وضباط ومديرين عامين وكادرات حزبية تشغل مناصب قيادية في الدولة. (احصاءات موثقة في هيئة النزاهة العراقية).
• سيطرة التخلف على المجتمع العراقي بعدما كان العراق الدولة الأولى في العالم التي محت الأمية بالكامل (1977) بحسب منظمة الاونيسكو.
• 550 كياناً سياسياً (احصاءات مفوضية الانتخابات العراقية).
• 11400 هيئة مجتمع مدني (وزارتا الداخلية والعمل والشؤون الاجتماعية).
• 126 شركة امنية تديرها أجهزة المخابرات الاجنبية (مسجلة في وزارة الداخلية العراقية).
• 43 ميليشيا مسلحة تابعة للاحزاب (مسجلة في وزارتي الدفاع والداخلية – لجنة دمج الميليشيات).
• 220صحيفة ومجلة تمولها اجهزة المخابرات الاجنبية (نقابة الصحافيين العراقيين).
• 45 قناة تلفزيونية تمولها اجهزة المخابرات الاجنبية (ادارة القمر الصناعي نايلسات وعربسات).
• 67محطة راديو تمولها اجهزة المخابرات العراقية (هيئة الاعلام والترددات العراقية•.
• 4 شبكات للاتصالات اللاسلكية قيمة كل شبكة 12 مليار دولار يملكها مسؤولون وقادة احزاب وهي شركات (كورك)، و(آسيا) و(زين) و(أثير).
• أكثر من 11400 مقر لاحزاب السلطة بشكل رسمي او غير رسمين ويتمثل الشكل غير الرسمي في شركات وهمية او جمعيات خيرية تستخدم للتغطية والتمويه. وهذه المقار هي في الغالب ابنية للدولة، او اخرى تم الاستيلاء عليها من اصحابها الشرعيين بعد تهجيرهم او تصفيتهم، او مؤجرة ببدلات تدفع من ميزانية الدولة.
ولا ينسى التقرير الاشارة الى "تبديد ثروات العراق النفطية والمعدنية، ومعامله ومصانعه، وتوزيع اراضيه بموجب قانون الاستثمار سيئ الصيت على المنتفعين من الاحزاب وبعقود طويلة الأمد. وكذلك بيع هذه الثروات وتأجيرها وهي ملك للشعب العراقي، وتعريض مستقبل وديموية عمل عمال المصانع وموظفيها لمصير قاتم لن يقووا على مواجهته في ظل استشراء الفساد في جميع هيكليات الدولة الادارية والمالية".
هذه هي صورة العراق اليوم، وهي صورة مظلمة لا تشي بامكان نهوضه قريباً، وصوغ مستقبله بريشه الأمل الواعد. فبلاد الرافدين باتت نهباً لأطماع الذين يحرصون على اطالة امد محنتها ليستأثروا ولو حراماً بخيراتها على حساب شعبها الذي انتقل من "تحت الدلف الى تحت المزراب"، بعدما وأد ديكتاتورية بائدة جلبت اليه احتلالاً مقنعاً بالديموقراطية وحقوق الانسان، سرعان ما اسفر عن وجهه بعدما اوصلت نتائجه العراقيين الى عكس ما تمنوه وأملوه. وهم اليوم يترحمون على المرحلة السابقة على رغم مما حفلت به من بطش، وسلب للحريات، ونزعة توتاليتارية أحصت عليهم انفاسهم وطاولت كرامتهم الانسانية.
هذه الاحصاءات تثير الرعب والقلق وتحمل – قبل اشهر قليلة من الاستحقاق الانتخابي – على طرح السؤال الآتي: هل يتمكن العراق من محو هذه الصورة البائسة، فيحقق ابناؤه التغيير المنشود من خلال صندوقة الاقتراع، ويحسنون اختيار من سيمسك بزمام الحكم بعد التجربة الفاشلة لحكومة نوري المالكي، ويتولى اعادة بلدهم الى دائرة الحياة: دولة مدنية متصالحة مع نفسها وشعبها ومحيطها. دولة يتقدم فيها الحق والقانون على ما عداهما، وتستطيع ان تعيد ابناءها الى كنفها؟
وعلى رغم الغيوم الداكنة، لا يبقى امامنا سوى القول: "ما أضيق العيش لولا فسحة الأمل".
إن السواد الأعظم من ابناء بلاد الرافدين الذين سحقتهم المعاناة يصرخون: "وا عراقاه"؟ فهل من معتصم ينتضي سيف الانقاد؟





"ليس عاراً ان ننكب، ولكنه عار اذا كانت النكبات تحوّلنا من اشخاص اقوياء الى اشخاص جبناء"

سعاده

samedi 10 octobre 2009

JUSTICE POUR L'IRAK


JUSTICE POUR L’IRAK


Plainte contre quatre Présidents US et quatre Premiers Ministres britanniques pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et Génocide en Irak

Pour diffusion immédiate

(Français)

MADRID : 7 octobre 2009

Le parlement espagnol, va confirmer, aujourd'hui, la décision, déjà prise sous la pression de puissants gouvernements accusés de crimes graves, visant à restreindre la législation espagnole de la compétence universelle.

Hier et avant le changement de la loi, une plainte a été déposée auprès de l'Audiencia Nacional, contre quatre présidents des États-Unis et quatre premiers ministres du Royaume-Uni, pour incitation et/ou, complicité à commettre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité et de génocide en Irak.

Cette plainte juridique a été déposée contre George HW Bush, William J. Clinton, George W. Bush, Barack Obama H, Margaret Thatcher, John Major, M. Anthony Blair et Gordon Brown et présentée par des Irakiens et d'autres qui sont solidaires avec le peuple irakien et pour la défense de leurs droits et du droit international.

Irak: 19 ans de destruction programmée

La destruction programmée - ou le génocide - de l'Irak, en tant qu'État et nation, qui se perpétue depuis 19 ans, combinant un régime de sanctions draconiennes, jamais conçu auparavant et qui a conduit à la mort de 1,5 millions d’irakiens, dont 500.000 enfants, avec une guerre d'agression qui a conduit à la mort violente de plus d'un million d’irakiens supplémentaires.

La destruction programmée de l'Irak a délibérément inclus ses systèmes d’adduction d’eau potable et d'assainissement des eaux usées, ainsi que le système de santé de la population civile.

Depuis 1990, des milliers de tonnes d'uranium appauvri ont été lâchés sur l'Irak, conduisant dans certains endroits, à une augmentation de 600 pour cent (600%) des cas de cancer et de leucémie, en particulier chez les enfants.

Au cours de la première guerre du Golfe ainsi que lors de la guerre «choc et effroi» en 2003, qui avait débuté par une campagne aérienne menaçant le pays de "destruction totale", les vagues de bombardements disproportionnés ne faisaient aucune distinction entre les cibles militaires et civiles. Ainsi des écoles, des hôpitaux, des mosquées, des églises, des abris, des zones résidentielles et des sites historiques ont été totalement détruits.



Le plan de destruction de l'Irak comportait aussi le soutien, le financement et l'organisation de milices armées confessionnelles et ethniques, dans le but de diviser l'Irak en trois entités, confessionnelles et ethniques, par la terreur de la population.

Depuis 2003, quelque quatre millions sept cents mille (4,7 millions) irakiens - un cinquième de la population - ont été déplacés de force.

Sous l'occupation, les enlèvements, les meurtres, les extorsions, les prises d’otages et la mutilation sont devenus endémiques, et visent indistinctement les hommes, les femmes et même les enfants et les personnes âgées.

La destruction de l’Irak a visé le démantèlement délibéré de l’Etat et ce par l’incitation, ou, au moins, le refus d’empêcher les pillages, de même qu’en se livrant à des persécutions idéologiques, ayant entraîné les liquidations physiques, les assassinats extrajudiciaires, l'emprisonnement de masse et la torture, des baasistes, toute la classe éduquée de l'appareil d’Etat, ainsi que des minorités religieuses et linguistiques et des sunnites arabes. Ceci a entraîné l'effondrement total des services publics, du système économique, conduit à la guerre civile et à la généralisation de la corruption.

En plus de tout ce qui précède, le riche patrimoine historique de l'Irak, archéologique et culturel unique dans son genre, a été délibérément détruit.
Les gouvernements successifs des Etats-Unis et du Royaume-Uni, ont tout fait pour diviser l’Irak. Ils ont utilisé la force militaire pour imposer au pays un gouvernement et un système politique favorables à l’occupation et liés aux conceptions stratégiques américaines et britanniques.

Ces gouvernements se sont engagés dans le pillage massif des ressources naturelles irakiennes et tenté de privatiser ce qui est le bien et la richesse de la nation irakienne.


L'humanité en danger


Ce qui précède constitue juste un résumé succinct des horreurs que l'Irak a endurées, par suite de mensonges que seuls des gouvernements lâches et des médias complices ont pu croire.

En 2003, des millions de gens à travers le monde se sont mobilisés pour s’opposer aux plans des USA et de la Grande Bretagne. En s’obstinant à exécuter leurs plans, les États-Unis et le Royaume-Uni ont lancé une guerre d'agression illégale pour laquelle personne n’en a répondu jusqu’ici.

Chacune des personnes citées dans ce cas, a joué un rôle clé dans la destruction intentionnelle de l'Irak. Elles ont d’un commun accord, organisé, encouragé, toléré, rationalisé, exécuté et /ou perpétué ou excusé cette destruction sur la base de mensonges et d’intérêts stratégiques et économiques étroits, et contre la volonté de leurs propres peuples. Permettre à ces gens d'échapper à leur responsabilité et de jouir de l’impunité signifie que de telles actions sont en mesure de se répéter ailleurs.

Aujourd'hui, il est impératif de demander des comptes aux USA et à la Grande Bretagne pour les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et de génocide perpétrés en Irak parce que chaque victime irakienne a droit à la justice et que tous les responsables doivent rendre des comptes.

Nous sommes en présence d’actes immoraux et illégaux, contraires aux principes de souveraineté nationale, de paix et de sécurité consacrés par l'ordre international.

Attendu que le système officiel de justice internationale se soit fermé devant les souffrances des victimes de l'impérialisme, nous essayons par cette plainte, d'ouvrir une brèche par laquelle la conscience de l'humanité pourrait exprimer sa solidarité avec les victimes des crimes impérialistes pour que justice leur soit rendue.


Comité pour la Justice pour l'Irak

Hana Al-Bayaty, Comité exécutif, BRussells Tribunal

34 657 52 70 77 ou +20 10 027 7964 (anglais et français) hanaalbayaty@gmail.com



Dr Ian Douglas, Comité exécutif, BRussells Tribunal, coordonnatrice, Initiative internationale pour connaître du génocide en Irak

+20 12 167 1660 (Anglais) iandouglas@USgenocide.org



Amanda Nuredin, +34 657 52 70 77 (espagnol) justiciaparairak@gmail.com



Abdul Ilah Albayaty, Comité exécutif, BRussells Tribunal

33 471 461 197 (arabe) albayaty_abdul@hotmail.com







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Traduit de l’arabe par Ahmed Manai : tunisielibre@yahoo.fr



mercredi 30 septembre 2009

et l'on détruit des sites archéologiques en Irak...

Les bulldozers américains détruisent le site archéologique de Ur sous le regard médusé des archéologues !

Pour le ministre irakien du tourisme et des sites archéologiques, Mohamed Abbas Al Aribi, le site archéologique de Ur, au sud de l’Irak, n’est plus seulement le lieu de naissance du patriarche Abraham, ancêtre de tous les prophètes, mais aussi et surtout le site le plus menacé par les activités actuelles de l’armée américaine.

Le journal irakien Al Mada a rapporté cette semaine les propos du ministre qui déclare que « les travaux effectués par les américains, avec notamment la création de camps, le creusement de tunnels, l’établissement de murs de fortifications pour protéger leurs troupes, le nivellement des terrains à l’aide d’engins lourds ont gravement endommagé le site ». Ajoutant « que la présence militaire sur un site archéologique est en elle-même illégale et que nous avons adressé de nombreux appels aux américains pour qu’ils évacuent les lieux et s’interdisent de s’en approcher dans l’avenir ». Le ministre a rappelé qu’il agit en coordination avec les ministères de la défense et de l’intérieur, mais que tous ses appels sont restés lettre morte.

Le ministre a ajouté que des photos satellites de la ville d’Uruk-Warka*, proche de Ur, ont choqué l’archéologue allemande Marguerite Von Hess qui avait travaillé sur le site quelque temps avant l’occupation américaine en 2003.

L’archéologue allemande a estimé, à la vue des photos, que la colline sur laquelle a été construite la ville a subi de graves dégâts par suite de la construction de la base aérienne de Talil dans les environs de Nassirya au sud de l’Irak et a exprimé sa profonde déception en constatant que les bulldozers avaient fait disparaître tout un quartier de la zone sud-est de la ville.

L’expert archéologue britannique, Kohn Kurtis, responsable de la conservation des vestiges du proche orient au musé britannique, n’a pas été moins surpris et déçu que sa collègue allemande. Quand Kurtis a visité le sud de l’Irak, il y a un an, il a constaté que l’armée américaine avait édifié des constructions avec toutes leurs dépendances et leurs canalisations souterraines dans la base d’aviation de Talil, appelée aujourd’hui camp d’Adbour et ce, dans une zone d’Ur qui n’a pas encore fait l’objet de fouilles par des archéologues.

Selon certains archéologues, la situation actuelle à Ur avec des cimetières datant de près de 3000 ans avant J.C. et dont certaines tombes renfermaient des casques en or ainsi que des instruments de musique et autres objets de valeur inestimable enfouis avec les morts, leur rappelle celle qui prévalait à Babylone.
Là aussi les troupes américaines et polonaises avaient infligé de graves dégâts au site et détruit beaucoup de ses vestiges. Elles ont fini par l’évacuer suite aux protestations et à la pression internationale.
Rappelons que Babylone était la capitale du roi Babylonien Nabuchodonosor.

Les troupes américaines en Irak sont très mal vues par la communauté internationale des archéologues. Malgré tout, on a assisté récemment à une prise de conscience par certains officiers américains de l’importance des ruines babyloniennes, sumériennes et assyriens dans l’histoire universelle dont elles constituent un pan important et qu’elles méritent d’être protégées.

C’est ainsi que certains généraux américains ont distribué à leurs troupes des jeux de cartes portant au dos des photos de sites archéologiques irakiens importants. Une de ces photos représente l’arc colossal en briques ou « la voûte de Cyrus » considérée comme la plus importante voûte construite en terre cuite et sans la moindre structure armée. Le dos de la carte porte l’inscription suivante « ce monument a pu traverser dix sept siècles d’histoire, pourra-t-il t’échapper à toi aussi ? » indique le valet, et le 2 de trèfle « l’héritage de l’ancien Irak est une part de votre héritage ».

Les archéologues se font aussi du souci pour les vestiges islamiques de Samarra, au nord de l’Irak, considéré par l’UNESCO, depuis 2007, comme patrimoine culturel universel menacé.

L’UNESCO a alerté l’opinion internationale que les autorités irakiennes n’étaient pas en mesure de protéger le site de la vieille ville qui remonte au neuvième siècle. D’autres archéologues de la Sorbonne, à Paris, ont vivement critiqué la construction d’une caserne de police à proximité de la mosquée du Calife Al-Moutawakkel, au minaret en spirale et haut de plus de cinquante mètres et considérée comme le symbole de Samarra. Ils ont fait remarquer que cette caserne a été construite à proximité des ruines du palais de Aïssa « Jésus », construit en l’an 852.

Les propos du ministre irakien des sites archéologiques et du tourisme concernant le pillage du musée national n’étaient pas plus optimistes que pour les grands sites de Babylone, Ur et Samarra. Il a indiqué en effet que sur plus de quinze mille pièces de tout genre volées lors de l’occupation de Bagdad par les troupes américaines en mars 2003, seules quatre mille ont été récupérées. Selon l’archéologue allemande Von Hes, la plupart des pièces récupérées appartiennent au département des civilisations antiques, relativement moins protégé que les autres et que les pilleurs ont pu pénétrer facilement. Il semblerait que des gangs bien organisés avaient préparé son pillage et c’est pour cette raison que ces objets n’ont pas été retrouvés jusqu’ici ».

Mohamed Hantech et Firas Hammad
22- 02-2008

Traduit de l’arabe par Ahmed Manai


http://www.iraqirabita.org/index3.php?do=article&id=12736/

*Uruk-Warka, située à environ 300 km au sud de Bagdad, est une des plus anciennes métropoles de l'Antiquité. Habitée dès - 4 000 avant J.C et jusque vers l'an 400 de notre ère, la cité est connue comme étant le berceau de l'écriture et de l'épopée la plus ancienne du monde, "l'Epopée de Gilgamesh", ainsi que pour être la ville où les premières formes d'un état politique et d'une administration ont été développées. Le site culturel est gigantesque, d'autant que déjà en
- 3 000 avant J.C la ville avait bénéficié d'une extension de 5,5 Km².

dimanche 13 septembre 2009

Mountazar al Zeidi


Libération attendue de Mountazar al-Zeidi, ce lundi 14 septembre 2009


dimanche 13 septembre 2009

Mountazar al-Zeidi, le journaliste irakien qui avait lancé sans l’atteindre en décembre dernier ses chaussures au visage de George W. Bush, doit être remis en liberté lundi 14 septembre à Bagdad, après neuf mois de détention, depuis décembre 2008.
Le journaliste âgé de 30 ans, qui bénéficie selon son avocat d’une libération anticipée pour bonne conduite, avait été condamné le 12 mars dernier à Bagdad à trois ans de prison pour agression contre un dirigeant étranger. La peine a été ramenée par la suite à un an d’emprisonnement en raison de son absence d’antécédents judiciaires.
Le 14 décembre 2008, lors d’une conférence de presse conjointe à Bagdad du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et de George W. Bush, alors président des Etats-Unis, Mountazar al-Zeidi avait eu le temps de lancer ses deux chaussures, l’une après l’autre vers le chef de la Maison Blanche, avant d’être violemment plaqué au sol par les services de sécurité.
"Voilà ton baiser d’adieu, espèce de chien !", avait crié en arabe le journaliste à l’adresse du président américain qui avait dû esquiver les souliers. "C’est pour les veuves, les orphelins et ceux qui ont été tués en Irak".
Al-Zeidi, en détention depuis lors, encourait une peine maximale de 15 ans de prison pour son geste qui lui a valu de devenir un héros en Irak et dans le monde arabe -le lancer de chaussures est désormais un moyen de protestation populaire dans le monde entier.
Selon son frère Dargham, la famille Al-Zeidi devait aller chercher le jeune homme à la sortie de la prison, dans le centre de Bagdad, avant de célébrer au domicile familial sa liberté retrouvée. L’employeur du journaliste, la chaîne de télévision Al-Baghdadiya, espère qu’il continuera de travailler comme reporter, ce qui apparaît toutefois improbable, notamment pour des raisons de sécurité. D’après sa famille, Mountazar al-Zeidi pourrait à présent mettre à profit sa célébrité pour diverses causes humanitaires.