vendredi 15 mai 2009

organisations évangélistes en Irak sous couvert d'action humanitaire



Plus d'une centaine d'organisations évangélistes agissent en Irak sous couvert d'action humanitaire !

En ordre de bataille bien avant l'invasion !

L'Irak est un véritable défi pour les Evangélistes. L'un de leurs dirigeants a déclaré lors d'un congrès organisé à Phoenix (Arizona):
" Notre organisation, le Congrès Baptiste du Sud, a l'opportunité de changer l'histoire de l'Irak". Quant aux zones et aux populations où ils comptent opérer ces transformations, elles sont, selon les propos de cet évangéliste, rapportés par la chaîne " International Mission Board", "les Kurdes du nord, les Turkmènes de Mossoul et Kirkuk, les Sunnites de Takrit, les Chiites de Karbala et du Najaf".
Le magazine américain Time a rapporté les propos de Ritch Heini, de l'organisation évangéliste Dawn qui déclare:" le mouvement évangéliste n'a jamais eu une aussi meilleure occasion depuis une décennie que celle dont il dispose en Irak et nous pouvons dire que cette guerre est du pain béni pour les évangélistes".

L'amour du Seigneur :

Tout ce dont a besoin n'importe quel évangéliste c'est d'un passeport américain. Le journaliste britannique, David Reni, écrit à ce propos:" les évangélistes américains travaillent d'une manière secrète et organisée sous couvert d'aide et de secours humanitaire". Et d'ajouter "ces organisations évangélistes ont ramené en Irak des évangiles et des films vidéo traduits en arabe, pour protéger les musulmans contre leur mauvaise religion, prétendent-ils ".
Le directeur des secours d'urgence au congrès général des Baptistes du sud à Oklahoma, Samy Porter, ajoute pour sa part, "que son organisation accomplit des actions de secours humanitaire en Irak, mais que c'est aussi l'occasion de propager l'amour du Seigneur".

Secours ou évangélisation ?

Selon de nombreux rapports, il y aurait plus d'une centaine d'organisations évangélistes agissant en Irak. Les plus importantes seraient:
1° Organisation des missions internationales, bras missionnaire des Baptistes du sud, la plus grande église protestante des Etats-Unis.
2° Le Conseil du Moyen Orient et d'Afrique du Nord
3° Un groupe d'Evangélistes Baptistes du sud de l'Etat de Caroline du nord.
4° Organisation d'aide américaine
5° Organisation "Christian Charity World Nation International
6° Organisation société internationale pour l'Evangile
7° Organisation pour la formation de toute une nation, "DAWN"
8° Samaritain
9° Les missionnaires protestants
10° Le prédicateur protestant John Hanna de l'Etat de l'Ohio
11° La missionnaire Jacqy Kone
12° Globalmissionunit,

Toutes ces organisations évangélistes sont chapeautées par une agence de coordination dénommée IRCO et destinée à venir en aide à l'Irak.
Ces organisations entrent dans le pays sous couvert de l'aide humanitaire. Les responsables américains reconnaissent cependant que les évangélistes sont bien présents dans le pays mais qu'ils apportent une aide humanitaire appréciée par la population et ne s'adonnent pas au prosélytisme religieux.
Un responsable a reconnu au Time qu'étant donné les rapports entre le président Bush et la droite protestante évangéliste et sioniste qui le soutient sans réserve, la Maison Blanche ne peut les empêcher de partir en Irak.

Ce que proposent ces organisations aux irakiens :

L'aide alimentaire est le premier prétexte invoqué par les Evangélistes pour venir et agir en Irak. Ainsi, John Walker, un grand évangéliste installé dans le pays déclare "avoir ramené avec lui 45.000 caisses de produits alimentaires et avoir rencontré des enfants qui mouraient de faim mais qui avaient besoin surtout de connaître l'amour et Jésus".
Ces organisations procèdent à des distributions gratuites de médicaments et de soins, prennent en charge des opérations chirurgicales et vont jusqu'à envoyer des malades à l'étranger dans des cas extrêmes.

Le contact avec les intellectuels et les milieux culturels n'a pas été négligé. Leur objectif est de former une génération de jeunes réceptifs à leur propagande. Ainsi, elles ont consacré des dizaines de millions de $ pour la construction d'écoles, la constitution d'organisations culturelles et la distribution du matériel de propagande religieuse aux familles irakiennes: livres, publications, films vidéo et surtout le film Jésus, grande production mondiale, dans le but d'inculquer aux enfants leur version de la vie et de l'œuvre du Prophète Jésus. Ce film a été traduit en 70 langues et plus de 200 dialectes locaux. En Irak, il est distribué dans une version d'arabe irakien.

Il est à noter que plus de 100.000 exemplaires de la Bible ont été introduits en Irak par Irbil et ont été distribués à un prix dérisoire, (1000 Dinars Irakiens l'exemplaire soit à peine 50 Cents au taux de change officiel), alors que l'exemplaire du Coran, de qualité d'impression moindre, coûte 50.000 Dinars, soit 40 $).
Cette situation a conduit des responsables religieux sunnites irakiens à demander aux pays musulmans d'envoyer des exemplaires du Coran aux mosquées du pays.

Les enfants et les jeunes sont l'objet de toutes les attentions. Ils ont droit à des livres illustrés, des contes et des dessins.
Les organisations Evangélistes ont ouvert en Irak de nombreuses stations de Radio et de télévision dans le but de déstabiliser les musulmans dans leurs convictions et leur foi. Nous pouvons citer La Voix de l'Amour, Radio Sawa, la chaîne Al Hurra en Irak et son équivalent américain, la chaîne télévisée Assyrienne Ishtar.

Le soutien des Nations Unies

L'ancien Secrétaire Général des Nations Unies, Koffi Annan n'a pas manqué d'exprimer "son respect pour le rôle des Eglises qui aident l'Irak". Ils s'en est suivi que ces Eglises ont été fortement soutenues par l'organisation internationale, notamment au nord du pays.
C'est d'ailleurs dans la région du Kurdistan que l'action des Evangélistes est la plus dangereuse. L'organisation évangéliste internationale Global Mission a publié un rapport comportant une liste des organisations et des agences évangélistes au nord de l'Irak et à leur tête l'Organisation du livre Saint. Cette dernière dispose d'un bureau à Irbil et fait imprimer ses publications à l'imprimerie de la culture appartenant au ministère de la culture irakien.

L'Organisation du développement des services au Moyen Orient, britannique, a son quartier général au Caire et dispose de trois bureaux en Irak: Irbil, Dahouk et Souleymania. Son personnel, venant du Caire, travaille sous la direction du Docteur Alexandre Russel, un britannique qui enseigne l'anglais à la faculté de lettres de l'université de Saladin à Irbil.
L'organisation américaine " Source de Vie" qui a son siège à Chaklaoua, ville proche d'Irbil, est soutenue directement et massivement par l'Office d'aide des catastrophes naturelles à l'étranger (Ofda) dépendant du State Department. Elle est active dans le forage des puits et la distribution d'eau potable.
L'"Organisation internationale des caravanes médicales "qui a son siège principal à Portland (USA), a accompagné les troupes américaines lors de la guerre du golfe et travaille sous le patronage du bureau de coordination militaire. Elle dispose de 4 bureaux à Souleymania, Irbil, Zakho et Dahouk.

La deuxième organisation OFDA travaille avec le soutien direct de l'organisation britannique "les ressources". Son travail consiste dans l'enseignement des techniques informatiques et de l'anglais. Elle dispose de nombreuses annexes et d'un bureau central à Chaklaoua.

L'organisation Caritas est un intervenant important en Irak. Le numéro 46 du bulletin des "missions catholiques", paraissant au Caire, a rapporté que "l'organisation a préparé une grande quantité d'aide alimentaire répondant aux besoins d'un demi million d'irakiens et ce en coopération avec ses agences de Syrie, Turquie, Liban et Al Quds".
Les bureaux de Caritas en Irak ne sont pas tous connus, mais son responsable au Caire a déclaré que "cette organisation travaille en Irak depuis plus de vingt ans et que le volume de ses interventions a doublé après la guerre du golfe, surtout dans le nord qui constitue une terre fertile pour l'action missionnaire des églises de toutes obédiences" soutenues par le Vatican". Cette organisation convertit des dizaines de musulmans kurdes au christianisme en les intégrant dans des cycles de formation. Les meilleurs d'entre eux sont envoyés par la suite au Vatican et recrutés comme futurs prêtres avec des salaires alléchants de 600$.
Le Centre d'information Watan a indiqué qu'il existe actuellement des centres spéciaux pour la gestion de tels cycles de formation répartis comme suit:
Dahok: le responsable de ce centre, Youssef, est un chrétien de la région de Samil à 8km de de Dahok.
Aîn Kaoua(Irbil):le responsable de ce centre est un chrétien de nationalité italienne répondant au nom de Farid et résidant à Irbil.
Mahallat Achti (Souleymania), dirigé par Khadem Al Baghdadi, musulman converti au christianisme depuis quelques années, de nationalité canadienne et qui a une grande librairie à la rue Birrat Mirda.

Ces activités de conversion ont été dénoncées par l'Union musulmane kurde qui avait protesté auprès de Messaoud Al Barazani, chef du gouvernement du Kurdistan.
Mais ce ne sont là que les activités publiques, menées au grand jour. Dans les faits, les choses les plus graves se passent dans le secret absolu. Ainsi de nombreux enfants irakiens ayant perdu leurs parents dans les confrontations armées, comme à Fallouja et ailleurs, ont été enlevés par les troupes américaines et livrés aux organisations évangélistes. Quand il est arrivé que certains de leurs proches les aient réclamés, on leur a répondu qu'ils étaient morts avec leurs parents et enterrés. Il s'est passé la même chose avec des enfants placés dans des orphelinats surtout quand ils sont enfants naturels. Le cas le plus connu est celui du centre d'accueil pour orphelins, Dar Al Hanane, situé au centre de Bagdad, face à la mosquée Bratha. Ce centre, dont les enfants ont été abusés par les miliciens de Badr et de l'armée du Mahdi, a fait l'objet d'un scandale révélé par les agences de presse internationales. Selon la chaîne CBS, certains de ces enfants ont été transférés aux Usa, pour y trouver les soins dont ils avaient besoin…et aussi l'amour du Christ!

Traduit de l'arabe par Ahmed Manai

Source: http://iraqirabita.org/index.php?do=article§id=§18687/

samedi 9 mai 2009

Heurs et malheurs de la communauté scientifique irakienne


Heurs et malheurs de la communauté scientifique irakienne

Pourquoi celui qui détient un savoir le garderait-il pour lui-même? Telle est la question posée par un adage Sumérien vieux de cinq mille ans. Pourquoi ? Devrons-nous dire « qu’il vaudrait mieux éviter de parler aux autres de ce qui nous fâche », comme le suggère un autre adage, lui aussi Sumérien ?
Mais que faire quand ce qui nous fâche ou nous attriste est en même temps ce qui fait notre joie ? Les échos qui nous viennent de la communauté scientifique irakienne fendent le cœur en deux et à chacun de prendre sa part, « la sagesse ou la folie » comme le dit Louis Aragon.
Au début de ce mois, il s’est passé un évènement à la fois heureux et malheureux. Un communiqué officiel irakien, publié à Bagdad, a annoncé la tenue d’une réunion des ministres de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, du Pétrole, des Sciences et de la Technologie pour discuter de l’intégration de « l’Académie irakienne des sciences » structure fantoche créée à Londres en 2003, à la véritable Académie Nationale Irakienne des Sciences, fondée à Bagdad en 1947. Le communiqué précise qu’une proposition a été faite au Premier ministre pour faire de cette organisation fantoche une des structures de l’Académie Nationale Irakienne des Sciences.
Cette décision signifierait-telle que certains scientifiques irakiens, que l’occupation a fait perdre l’esprit en osant créer une structure destinée à remplacer l’Académie Nationale des Sciences, ont repris conscience ?
J’avais écrit à l’époque des faits que cette initiative incitait à rire deux fois, comme le suggère l’anecdote du sourd qui rigole « une première fois du rire des autres et la seconde fois quand on lui explique l’anecdote ». Dans notre cas, rire une première fois c’est quand ces gens décident de créer cette organisation fantoche à Londres, capitale du pays qui a bafoué le droit international et occupé l’Irak, et la seconde fois quand les auteurs de cette imposture envisagent la dissolution de la première Académie des Sciences du Moyen-Orient, fondée, rappelons-le, en 1947. Le jour où j’ai écrit cela, le président de cette Académie londonienne, actuel ministre irakien du pétrole, avait protesté énergiquement. Aujourd’hui, il appartiendrait à l’Académie nationale irakienne des sciences de rire en dernier, si, comme le dit si bien Victor Hugo « la souffrance ayant dépassé les limites du tolérable », les hommes « n’étaient gagnés par l’indifférence et transformés en véritables ombres d’eux-mêmes ».
Et comment la communauté scientifique irakienne ne serait pas indifférente à cette décision alors que le nombre de ses morts a dépassé, la semaine dernière, les quatre cents dix huit membres et celui de ses enlevés et disparus les soixante quinze membres. La dernière victime étant une professeure de droit à l’université de Mossoul, que les médias, comme à leur accoutumée pour la plupart des femmes scientifiques assassinées, n’ont pas daigné retenir le nom.
Un communiqué récent a annoncé la disparition de Smaïl Khalil Takriti, physicien atomiste qui résidait en Lybie et s’était retourné en Irak quand le gouvernement l’avait proposé pour présider l’Université de Takrit.
Le BRussels Tribunal, organisation européenne siégeant à Bruxelles et qui coopère avec l’Alliance des Universitaires Irakiens à Bagdad dans le suivi de la situation des disparus et des morts de la communauté scientifique irakienne, a publié un communiqué indiquant que « Takriti a quitté sa maison à Jadria, aux alentours de Bagdad, dans une zone sous l’autorité de la milice Badr de Abdel Aziz Al Hakim, et qu’on n’a plus trace de lui depuis quatre mois ».
Dans de telles conditions, comment ne pas féliciter les organisateurs de cette cérémonie, tenue non pas à Bagdad mais à Washington, destinée à honorer un certain nombre de scientifiques irakiens, organisée sous les auspices du bureau culturel de l’ambassade irakienne et en collaboration avec l’organisation « les académiciennes des sciences nationales ».
On a noté la participation des « scientifiques fondateurs », nom donné aux académiciens qui s’étaient dressés contre l’occupation américaine de l’Irak, dont Zeineb Al Bahrani, titulaire de la chaire d’histoire, d’archéologie et des études supérieures à l’université Columbia et qui avait lancé en son temps une campagne médiatique contre la destruction des sites archéologiques irakiens par les troupes d’occupation.
Il y avait aussi son collègue Kaïs Al Awkati, titulaire de la chaire de médecine à la même université, réputé pour ses travaux sur les cellules souches utilisées dans la régénération des organes et tissus humains. Al Awkati a fait ses études à l’université de Bagdad et a publié de nombreux travaux sur les effets néfastes du boycott de l’Irak sur la santé de la population.
La plupart des scientifiques honorés à cette cérémonie sont des anciens de la faculté de médecine de Bagdad, dont Salah Al Askari qui détient le record du monde du nombre d’opérations d’implantation des reins. Sa première implantation, faite en 1967 à une femme, tient toujours au bout de quarante et un ans et son ancienne patiente est plusieurs fois mère et grand-mère. C’est une des rares implantations au monde qui a tenu aussi longtemps.
Al Askari a occupé nombre d’importants postes académiques aux USA. Ainsi, il a été élu en 1997 président du conseil scientifique de l’université de New York. Il y occupa aussi la présidence de la commission du développement durant trente ans. Actuellement, il est âgé de quatre vingt deux ans et utilise le langage des footballeurs pour conseiller à ses confrères irakiens « de travailler fort et viser le plus haut avec la conviction d’être l’un des meilleurs ».
Je profite de cette occasion pour transmettre aux nouvelles générations irakiennes les conseils de quarante scientifiques parmi leurs compatriotes. J’apprécie beaucoup le conseil quelque peu égoïste de Mia Aref Kaftane qui a fêté l’année dernière son quatre vingtième anniversaire et qui dit en substance « la meilleure récompense de la recherche est le bonheur personnel et la satisfaction du travail bien accompli », auquel on peut opposer celui de Samir Kasir, teinté de patriotisme : « soyez fidèles à vous-mêmes et à l’Irak et travaillez fort pour votre pays et uniquement pour lui. Retournez –y avec vos rêves et dans la paix ». Kasir, l’agronome spécialiste d’élevage, est âgé de quatre vingt quatre ans. Il fut l’un des fondateurs de la Faculté des sciences vétérinaires de Bagdad.
De nombreux scientifiques honorés au cours de cette cérémonie avaient passé le plus clair de leur vie au service de leurs pays avant que l’occupation ne vienne les contraindre à émigrer. Parmi eux, nous signalons Hichem Mounir, l’un des plus grands architectes irakiens qui avait fondé le département d’architecture à l’université de Bagdad et construit de nombreux édifices importants tels que l’université de Bagdad à Jadria et la cité de médecine. Son conseil est une véritable carte de route, professionnelle et éthique, à l’attention des jeunes architectes et urbanistes de son pays: « soyez fiers de votre riche patrimoine de votre pays. Votre devoir est de le conserver et de le sauvegarder pour servir de source d’inspiration, d’innovation et de continuité ».
« Etre honoré c’est comme un parfum, qu’il faudrait humer et non absorber », dit un proverbe américain ! Pour Salah Al Wakil, le savant irakien le plus proche du prix Nobel, il n’y a pas de meilleur parfum que celui de la terre de la ville de Hilla, sa ville. Dans le discours de réception prononcé lors de son élection à l’académie nationale américaine des sciences, il fut question de la véritable révolution médicale accomplie par ses découvertes, dans le domaine des réactions enzymatiques, c'est-à-dire des éléments permettant d’assurer la pérennité de la vie.
J’ai été saisi de confusion au constat de l’immense sympathie envers l’Irak d’un certain nombre de grands scientifiques. Cette passion quasi mystique s’est révélée pour moi à l’occasion d’une conférence scientifique arabe tenue à Abu Dhabi. De retour à l’hôtel, en voiture, en compagnie de Salah Al Wakil et de Fawzia Al Bahrani, son épouse, cette dernière se mit à fredonner une vieille chanson du pays : « Où vas-tu donc, Où ? Et qu’en est-il de ton engagement ? Les yeux te pleurent jour et nuit »! Chanson reprise aussitôt par son mari.
Cette femme qui vit depuis un demi-siècle dans la haute société médicale américaine, avait fredonné la chanson avec la voix limpide d’une jeune irakienne de quatorze ans. J’ai résisté au désir de me retourner pour éviter de déranger Al Wakil dont la passion illuminait l’obscurité de la voiture : " Où vas-tu donc, Où ? Et qu’en est-il de ton engagement ? "

Mohamed Aref

Traduit de l’arabe par Ahmed Manai
http://rsistancedespeuples.blogspot.com/

http://www.tunisitri.net/

jeudi 23 avril 2009

Qual avenir pour l'Irak ? (témoignage)


QUEL AVENIR POUR L’IRAK ?
LE DOCTEUR OMAR KOUBEISI AU PARLEMENT EUROPEEN



Le BRusselstribunal a organisé les 18, 19 et 20 mars, en coopération avec Vrede, 11.11.11, INTAL, the Beursschouwburg, European Parliament, Belgian Parliament et Les Halles de Schaerbeek, une conférence intitulée : Quel avenir pour l’Irak ? Cette conférence, tenue au sein du Parlement Européen, a réuni de nombreuses personnalités politiques, des experts et des activistes anti-guerre, ainsi que des témoins irakiens du désastre que vit leur pays.
Nous avons choisi de traduire pour nos lecteurs français, l’intervention du Docteur Omar Al Koubeisi, cardiologue de renommée internationale, qui a vécu l’invasion de Bagdad puis partagé les souffrances de son peuple jusqu’à ce jour du 5 mars 2005 où, menacé de mort comme nombre de ses confrères, il a été contraint de quitter son pays.
A.M.

Au Nom de Dieu, Le Clément, Le Tout Clément


Madame la Présidente , Honorables Députés, Mesdames et Messieurs !


Permettez-moi de vous remercier ainsi que tous ceux qui m’ont offert l’opportunité de vous rencontrer aujourd’hui pour vous informer de la triste réalité que vit notre peuple éprouvé. En fait, il s’agit d’une situation tragique et insupportable que tous les hommes libres de par le monde et tous les humanistes soucieux du devenir de l’humanité, de l’amélioration des conditions de vie matérielle et morale, se doivent de connaître pour y mettre fin. Dans le cas de l’Irak, il s’agit pour son peuple de disposer de ses ressources et de ses richesses naturelles pour améliorer ses conditions de vie : la santé, la nourriture et l’éducation.


Mesdames et Messieurs,
Je viens de ce pays de la Mésopotamie , connu à travers l’histoire pour être le pays de la terre noire, synonyme d’immense richesse, de grande densité de population et de l’excellence de ses conditions de vie. J’appartiens à un peuple qui croule sous le poids de l’histoire et des civilisations qu’il a données à l’humanité depuis le Code Hammourabi, code juridique le plus complet de l’antiquité…au premier alphabet.
L’Irak a attiré depuis des millénaires de nombreuses populations et diverses ethnies, si bien que son peuple se présente comme une véritable mosaïque. Toutes les composantes qui se sont rassemblées sur cette terre y ont vécu en paix malgré leur diversité religieuse, confessionnelle et de couleur.
L’Irak a connu aussi de nombreuses invasions, sa richesse et sa position stratégique ayant souvent attiré les envahisseurs de tous horizons. Il en est sorti toujours victorieux et uni, regardant toujours dans la même direction.


Mesdames et Messieurs,
L’homme qui vous parle est médecin de son état, un cardiologue qui a travaillé pendant près de quarante ans dans sa spécialité au sein de l’administration irakienne et qui a connu divers régimes politiques sans jamais se reconnaître dans aucun d’entre eux.
Les Irakiens, ses nombreux confrères et ses innombrables étudiants témoignent qu’il a fait don de sa vie à la médecine et à ses patients et qu’il a toujours assumé son devoir de médecin dans les secteurs civil et militaire, dans la pratique et dans l’enseignement.


Mesdames et Messieurs,
J’ai étudié et entrepris de nombreux stages dans les hôpitaux européens, notamment en France, en Italie, en Grande Bretagne, en Irlande et en Belgique, en cardiologie et à diverses périodes de ma vie et notamment tout au long de la guerre et du boycott qui ont étranglé mon pays et ce, pour faire profiter les patients irakiens et aussi mes confrères du savoir faire acquis. L’Irak subissait à l’époque un boycott total sur tous les plans scientifique, technologique et économique et cela pendant treize ans.


J’ai été témoin direct de l’invasion de mon pays et de l’entrée des blindés américains à Bagdad les 9 et 10 avril 2003. Ils ont pilonné, incendié, détruit et laissé la ville en flammes. Ils ont fait de même du Centre de Cardiologie où je travaillais qu’ils avaient pilonné puis laissé en proie aux flammes, au vol et au pillage, sans jamais intervenir pour l’empêcher. Ils étaient là pour veiller au bon déroulement de leur opération de destruction.

Dans ce centre, nous faisions jusqu’à huit opérations à cœur ouvert. De nombreux médecins Britanniques, Suisses, Français, Italiens, Espagnols et Allemands venaient nous apporter leur assistance dans le cadre de leur engagement humanitaire.
Je me souviens très bien de l’appel téléphonique d’un confrère du sud de la France qui connaissait le centre pour y avoir travaillé des années auparavant, m’avertir du devoir de quitter l’hôpital rapidement. Il suivait les bombardements en direct à la télévision et voyait bien que l’hôpital était la cible de l’aviation américaine.
Je pleurais à chaudes larmes et j’implorais le commandant de l’Unité de blindés qui dirigeait les opérations aux abords du centre de cesser les opérations et de protéger l’hôpital et lui de rétorquer du haut de son char que je devais cesser de larmoyer parce qu’ils vont nous construire un nouvel hôpital plus grand que le premier, plus majestueux et plus moderne...


Mesdames et Messieurs,
Quand mes confrères et mes étudiants ont appris que j’allais vous rencontrer, trois cent cinquante d’entre eux, regroupés dans une union constituée récemment, m’ont chargé dans une lettre qu’ils m’ont fait parvenir deux jours avant mon départ, de vous faire part aussi fidèlement que possible de leurs soucis et de leur grande inquiétude sur la situation sanitaire catastrophique en Irak.


J’ai quitté l’Irak après avoir essayé longtemps avec mes confrères de continuer le travail avec le peu qui restait du Centre de Cardiologie. J’ai dû quitter le pays le 5 mars 2005 après avoir reçu une lettre de menace de liquidation physique au cas où moi et mes confrères n’aurions pas quitté le pays à cette date. Cette lettre, ainsi que les moindres détails de son ton, sont toujours gravés dans ma mémoire et me donnent des frissons comme au premier jour.


Mesdames et Messieurs,
Avant l’invasion de l’Irak et malgré les conditions dures du boycott, nous avions dix huit facultés de médecine, six de chirurgie dentaire et quatre de pharmacie, ainsi que des dizaines d’écoles et d’instituts de formation d’infirmières et de personnel paramédical.
La première faculté de médecine de Bagdad a été ouverte en 1927. Le doyen en était le Docteur Birham Sanderson, auteur de mémoires sur la période pendant laquelle il avait travaillé en Irak, intitulées « Dix mille et une nuits ».


Nous avions plus de trente neuf mille lits de d’hôpital dans les CHU, les hôpitaux régionaux, cantonaux et autres subdivisions administratives du pays. L’Irak avait aussi plus de trente quatre mille médecins dont un cinquième de spécialistes. Les Universités sortaient chaque année plus de mille médecins et nous disposions d’une production scientifique médicale couvrant plus de trente spécialités. Deux cent cinquante médecins spécialisés sortaient chaque année.
Ce sont ces cadres et ce personnel paramédical qui, avec une rare compétence et une abnégation sans limite, ont pris en charge les patients, les blessés et les handicapés d’une guerre longue et meurtrière aggravée par un boycott dévastateur sur tous les plans, y compris scientifique.
La Constitution irakienne de 1920 a inscrit le droit des Irakiens à l’éducation gratuite et ce, pour tous les niveaux de l’enseignement ainsi qu’aux soins et à la prévention pour toutes les pathologies.
Les services de soins ont couvert tout le pays, les zones rurales comme les zones urbaines et les villes. Le système d’enseignement, initié par les Britanniques, a permis de former des médecins dont nombre d’entre eux travaillent dans les hôpitaux et les centres de recherche des pays européens.


L’UNICEF, l’UNESCO, la Croix Rouge Internationale et d’autres organismes régionaux et internationaux ont évalué positivement les réalisations irakiennes dans les domaines de la vaccination, des soins préventifs, de la protection maternelle et infantile, de la médecine du travail, de la médecine scolaire, de la lutte contre les épidémies et de la santé publique ainsi que le contrôle des naissances. Cette politique de santé publique a permis la baisse de la mortalité infantile depuis 1980 et empêché le développement des épidémies et des maladies contagieuses tels que le choléra, la poliomyélite, le tétanos, la méningite et la coqueluche.


L’Irak a été le premier pays de la région à maîtriser l’extension du SIDA, de la consommation des stupéfiants, à étendre la construction des centres de protection maternelle et infantile, ainsi que des centres spécialisés de lutte contre le cancer, des maladies cardio-vasculaires, des centres de soins des maladies de l’appareil locomoteur, centres d’endocrinologie, de radiologie, neurologie, ophtalmologie, de lutte contre l’infertilité, l’incapacité motrice, toxicologie, homéopathie, acupuncture…etc.


Nous avons obtenu de grands succès dans le programme de distribution des rations alimentaires, des cliniques populaires et de l’assurance maladie. Le programme Pétrole contre la nourriture et les médicaments a permis d’alléger les souffrances de la population.


La politique d’importation des médicaments et des équipements de santé, tout au long des années soixante-dix, a permis de garantir un approvisionnement de qualité, sûr et diversifié, provenant des laboratoires internationaux les plus illustres. Nous avions développé aussi une industrie pharmaceutique locale qui répondait aux normes internationales en vigueur. D’autre part et pour éviter tout débordement et tout abus, l’importation a été centralisée au sein d’un organisme dépendant du ministère de la santé et sous les auspices d’un organisme scientifique compétent.


Mesdames et Messieurs,
J’en arrive maintenant au bilan de l’invasion et de l’occupation de l’Irak en 2003, sur les plans sanitaire et humanitaire au moment où nous commémorons le sixième anniversaire de ce tragique événement.


Pour vous éviter la perte de temps, je vais vous résumer en quelques chiffres la situation qui est la nôtre, sur la base des rapports et des études effectués par des organismes internationaux reconnus pour leur sérieux et leur objectivité dans les domaines de leur compétence.
Vous aurez en même temps des reportages sur CD, pour vous donner une idée des destructions de l’infrastructure du pays ainsi que de la violence, du terrorisme et des assassinats ciblés, notamment de médecins et des scientifiques, qu’endure notre peuple.


Il n’y a pas meilleur moyen de vous faire vivre les souffrances des femmes, réduites au veuvage par centaines de milliers, des orphelins par millions ainsi que les millions d’Irakiens contraints de quitter leur pays. Il n’y a pas meilleur moyen de vous faire partager le quotidien des Irakiens qui subissent la croissance vertigineuse de la criminalité, des maladies contagieuses, du trafic illégal des médicaments avariés, des bombardements sauvages des zones habitées, des massacres perpétrés chaque jour et dont vous connaissez quelques uns, notamment Haditha, Zengil et Mahmoudya.


Il n’y a pas meilleur moyen de vous faire partager la peur des Irakiens, subissant les liquidations physiques sous le prétexte fallacieux de lutte contre le terrorisme, le déni aux irakiens de résister et de combattre l’occupant illégitime, alors que toutes les lois donnent au peuple occupé le droit de résister et de chasser l’occupant par tous les moyens mis à sa disposition.


Résumons-nous !


L’Irak a perdu 70% de ses médecins, contraints à l’exil.
Plus de 5500 de ses scientifiques ont été assassinés, emprisonnés ou contraints à l’exil. Plus de 70% de ses hôpitaux sont entièrement ou partiellement hors d’usage et le rendement de ceux qui fonctionnent est inférieur au minimum nécessaire. 90% des médicaments utilisés dans le pays sont le fait d’un trafic illicite par des gens sans rapport avec le domaine où les pharmacies n’ont aucun rôle et ne sont donc pas contrôlés.


Les hôpitaux sont souvent le lieu de prédilection des liquidations physiques pour des motifs ethniques ou confessionnels et de terrorisme des milices.
Le ministère de la Santé est dirigé selon des critères confessionnels qui déterminent l’identité du ministre et des directeurs généraux. Il est d’autre part dirigé par des partis et des milices confessionnelles, son budget est l’objet de tous les détournements et son administration est déficiente.


La Commission de l’Intégrité, organisme officiel, estime à 2 Millions de $ le montant des détournements dans ce ministère, notamment par le biais des faux contrats et des achats fictifs.
On n’envisage aucun rôle de contrôle sur ce ministère aux médecins députés au Parlement et il semble même que ces derniers jouent un rôle négatif et participent à la corruption.
Extension des maladies psychosomatiques, de l’usage des stupéfiants avec la reprise des cultures du pavot et de la production d’opium.


Manipulation des tableaux de médicaments


Extension des maladies contagieuses et recours officiel aux fausses statistiques sur le choléra, la rougeole, la coqueluche, les cas de Sida, de toxoplasmose et de parasitologie.
Extension des produits alimentaires avariés par une importation sauvage.
Extension des cas de cancer et des difformités physiques par suite des rayonnements des produits toxicologiques et cancéreux.


Les incendies d’arbres et de forêts entières et la contamination des rivières particulièrement dans le sud et le centre du pays, conséquence de l’utilisation par les forces d’occupation de l’uranium appauvri et du phosphore blanc ainsi que des bombes à fragmentation.


Empêchement de toute mesure de protection et de délimitation des zones polluées.


Dissémination des mines et des obus non éclatés provenant des guerres précédents, notamment dans la région de Bassora.


Absence de coopération avec les organismes humanitaires tels que la Croix-Rouge Internationale et la mauvaise gestion et la corruption au sein du Croissant Rouge Irakien.


Pénurie des médicaments et des équipements et des instruments suite à la part minime (4%) qui leur revient dans le budget du ministère de la santé.


Manque d’eau potable pour 70% de la population et absence de canalisations d’eaux usées, ainsi que de l’électricité.


Depuis l’occupation, l’Irak compte un des taux les plus élevés de mortalité infantile et de nouveau-nés.


Plus de 4 millions d’Irakiens vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Plus de 5 millions de déplacés et d’exilés, 1 million de veuves et un taux de chômage supérieur à 28% .


Plus de 400.000 prisonniers et détenus.


Le résultat : le constat très clair c’est que l’homme a été visé en Irak dans sa santé physique et mentale de même que dans son identité et ce, par l’intermédiaire de l’éducation et de l’enseignement qui lui sont dispensés. L’objectif est de détruire le potentiel humain du pays et de dilapider ses ressources matérielles pour parfaire la destruction du pays, le démantèlement de son unité et ce, par l’institution du confessionnalisme à tous les nivaux de son administration, ce qui est en contradiction avec la compétence, l’honnêteté et le développement.


Traduit de l’arabe par Ahmed Manai


Dédié à la Résistance des peuples en lutte pour leur indépendance, leur liberté et leur dignité !

dimanche 12 avril 2009

du nouveau sur Youtube : l'Iraq et le BrusselsTribunal

[ Please distribute widely ]

http://youtube.com/BRussellsTribunal

Dear friends,
We have pleasure to announce the establishment of a YouTube channel for the BRussells Tribunal.

You can already view speeches delivered in an information session held in the European Parliament, organized by the BRussells Tribunal and partners and hosted by European Parliament Vice President Luisa Morgantini.

This event was part of a four day series of public events, 18-20 March, marking the anniversary of the illegal invasion and occupation of Iraq, under the title, "Occupation Year 7: What future for Iraq?"

The press release of these events can be viewed here.

Panel speakers were: Abdul Ilah Albayaty, geopolitical analyst and expert on Arab national movements; Dr Omar Al-Kubaisy, Iraq’s most renowned cardiologist and expert on the breakdown on public health in Iraq under occupation; Dr Falah Al-Khayat, former director general of the Iraqi Oil Ministry prior to the US invasion and an expert on the issue of the Iraqi oil industry; Dr Hassan Aydinli, EU Turkmen representative and expert on the fate of minorities under the sectarian governments promoted by the US occupation; and Shannon Meehan, International Rescue Committee director of advocacy and expert in refugee protection.
Hana Al Bayaty, coordinator of the Iraqi International Initiative on Refugees and member of The BRussells Tribunal, moderated the sessions.

We will be adding more video content in the coming weeks from events held in the Belgian Parliament and LES HALLES DE SCHAERBEEK and BEURSSCHOUWBURG.

Solidarity in struggle,

The BRussells Tribunal
http://brusselstribunal.org

vendredi 6 mars 2009

Un militaire américain condamné pour vol



Un militaire américain inculpé pour avoir volé de l'argent en Irak

06/03/2009


Un militaire américain a été inculpé jeudi pour avoir dérobé entre avril 2007 et février 2009 de l'argent destiné à aider les populations irakienne et afghane dans la reconstruction de leurs pays, c'est ce qu'a annoncé le ministère de la Justice américain.

Alors qu'il était déployé en Irak, ce capitaine de 28 ans est soupçonné d'avoir volé 690.000 dollars en liquide, de l'avoir envoyé par la poste chez lui, dans l'Oregon (nord-ouest) et de l'avoir déposé à son retour aux Etats-Unis sur des comptes ouverts dans plusieurs banques, a expliqué le ministère dans un communiqué.

Il est également soupçonné d'avoir cherché à "blanchir l'argent volé en acquérant une voiture de grande marque et un Hummer, en plus d'ordinateurs, de matériels électroniques et de meubles".

Les fonds provenaient d'un programme de donations américain, le Cerp, destiné à répondre aux besoins urgents de secours et de reconstruction, en Irak et en Afghanistan.

Le militaire en avait la responsabilité en tant qu'officier des affaires civiles de bataillon, dans la ville d'al-Muqdadiyah, à 100 km au nord de Bagdad. Inculpé par un jury fédéral de Fort Lewis (Washington, ouest) où il est basé, il encourt jusqu'à 30 ans de prison et 1,5 million de dollars d'amende.

vendredi 17 octobre 2008

exécutions sommaires en Irak



Comme pour toutes les guerres, les sombres histoires secrètes du conflit irakien s'écoulent de ce paysage de désolation comme les eaux sales du Tigre.



Exécutions sommaires dans les prisons de haute sécurité du gouvernement.
Par Robert Fisk / 16 octobre 2008 / Altermonde-levillage

Le journal The Independent a appris que des exécutions secrètes se déroulaient dans les prisons dirigées par le gouvernement « démocratique » de Nouri al-Maliki.

Les pendaisons sont régulièrement effectuées - sur un échafaud en bois dans une toute petite cellule - à l'ancien siège des services de sécurité de Saddam Hussein à Kazimiya. Il n'existe aucune trace officielle de ces mises à mort dans ce qu'on appelle désormais le « centre de détention de haute sécurité » de Bagdad mais la majorité des victimes - il y en a eu des centaines depuis que les États-Unis ont introduit la « démocratie » en Irak - seraient des insurgés, à qui est appliquée la même justice expéditive qu'eux mêmes dispensent à leurs propres prisonniers.

Les secrets des chambres de la mort irakiennes sont pratiquement inconnus à l'étranger mais quelques occidentaux courageux nous racontent cette horreur carcérale. Ces histoires ne donnent qu'un faible aperçu de la réalité en Irak, certaines s'interrompent brutalement avant la fin, d'autres se concluent d'une manière trop tristement prévisible. Et ceux qui les racontent sont aussi déprimés que désespérés.

« La plupart des exécutés sont des présumés insurgés, d'un camp ou d'un autre, » m'a raconté un occidental qui a vu la chambre d'exécution à Kazimiyah. « Mais une pendaison n'est pas une chose simple ». Comme toujours, le diable se cache dans les détails.

« Il y a une cellule avec un barre sous le plafond et une corde accrochée et un banc où la victime se tient avec les mains attachées » m'a raconté un ancien officiel britannique la semaine dernière. « Je suis déjà entré dans la cellule, à chaque fois vide. Mais peu de temps avant une visite, ils y avaient emmené ce type pour le pendre. Ils l'ont mis debout sur le banc, lui ont mis la corde autour du cou, puis l'ont poussé. Mais il a sauté par terre. Il pouvait se tenir debout. Alors ils ont raccourci la corde et l'ont remonté et poussé encore une fois. Encore raté. »

Les exécutions brutales ne sont pas une nouveauté au Moyen Orient – dans la ville libanaise de Sidon, il y a 10 ans, un condamné n'arrivait pas à mourir lors d'une pendaison. Un policier a du s'accrocher aux jambes du condamné pour faire poids et l'achever. Mais à Bagdad, une mort cruelle semble être la spécialité.

« Ils ont commencé par creuser le sol sous le banc afin que le type tombe d'assez haut pour se briser le cou, » raconte l'officiel. « Ils ont creusé le carrelage et le ciment en dessous. Mais ça n'a pas marché. Il pouvait encore se tenir debout. Alors ils l'ont emmené dans un coin de la cellule et ils lui ont tiré une balle dans la tête. »

Parmi les prisonniers condamnés à Kazimiyah, un quartier Chiite de Bagdad, on compterait aussi des violeurs et des assassins en plus des insurgés. Un prisonnier, un Tchétchène, réussit un jour à s'évader avec un complice après s'être fait livrer une arme. Ils ont tué deux gardes. Les autorités ont du faire appel aux Américains pour les capturer. Les Américains en ont tué un et blessé le Tchétchène à la jambe. Il refusa les soins médicaux et sa blessure se gangréna. A la fin, les Irakiens ont du l'opérer et retirer tous les os de sa jambe. Lorsqu'il reçut sa première visite d'un visiteur occidental, « il se baladait avec des béquilles et sa jambe sans os, souple, jetée par-dessus l'épaule. »




Dans de nombreux cas, il semblerait que les Irakiens ne gardent aucune trace des véritables noms des prisonniers ou des pendus. Pendant des années les Américains – dans leur fameuse prison d'Abou Ghraib prés de Bagdad – ne connaissaient pas l'identité de leurs prisonniers. Voici, par exemple, le témoignage recueilli par The Independent auprès d'un ancien officiel occidental du Groupe de Surveillance Anglo-Americano- Irakien, le groupe chargé de trouver les fameuses armes de destruction massive : « Nous sommes entrés dans les salles d'interrogatoire à Abou Ghraib en demandant un prisonnier précis. Au bout de quarante minutes environ, les Américains nous ont amené un type encagoulé, les pieds et les mains attachés. Ils l'ont assis sur une chaise en face de nous et ont retiré la cagoule. Il portait une grosse barbe. Nous lui avons demandé où il avait fait ses études. Il a répondu à plusieurs reprises « Mossoul ». Ensuite il a dit qu'il avait quitté l'école à 14 ans – et ce type était censé être un spécialiste en missiles. Nous avons dit : « nous savons que vous avez un Doctorat et que vous avez étudié à la Sorbonne – nous aimerions que vous nous donniez des informations sur le projet de missiles de Saddam. » Mais je me suis dit « ce type ne connaît rien de rien aux missiles. » Finalement il s'est avéré que le type n'avait pas le même nom que celui que nous cherchions, qu'il avait été ramassé au bord de la route par les Américains quatre mois plus tôt, il ne savait pas pourquoi. Alors nous avons dit aux Américains « c'est pas notre gars ! » Alors ils l'ont enchainé à nouveau et l'ont ramené à sa cellule et au bout de 20 ou 30 minutes encore, ils nous ont emmené quelqu'un d'autre. Nous lui avons demandé où il avait étudié et le type répondait qu'il n'avait jamais été à l'école. « Ce n'est toujours pas le bon ». C'était une farce. L'incompétence des militaries US était époustouflante, criminelle. Ils ont quand même fini par nous emmener le bon. Il respirait difficilement, un petit gros, désorienté et légèrement effrayé.

A cette occasion, les Américains avaient trouvé le bon. Les enquêteurs Britanniques et Américains ont demandé aux gardiens de lui retirer ses chaines, ce qu'ils ont fait – mais ils lui ont attaché une jambe au sol. Oui, il avait bien un diplôme.

L'officiel témoigne : « Nous avons passé en revue sa biographie, les projets sur lesquels il avait travaillé – il n'était à l'évidence qu'un petit fonctionnaire au sein du programme de missiles de Saddam. Les scientifiques Irakiens n'avaient ni les compétences ni le financement requis pour fabriquer des missiles nucléaire. Ce n'était qu'un rêve de Saddam. »

Ce scientifique- prisonnier à Abou Ghraib a misérablement raconté comment il avait été arrêté lorsque les Américains ont défoncé sa porte à Bagdad et ont trouvé deux Kalashnikovs, une djihab de femme, des versets du Coran et sur les étagères des « livres scolaires traitant de physique et de missiles », ce qui a évidemment attiré l'attention de ses geôliers. Mais ce prisonnier, soi-disant de valeur, n'avait jamais été inculpé ni interrogé même après qu'il ait reconnu être un spécialiste en fusées.

« Je ne sais pas ce qu'il est devenu, » m'a déclaré l'ancien officiel. « J'ai essayé de dire aux militaires britanniques et américains qu'on avait arrêté cet homme mais qu'il avait une femme et des enfants, une famille. J'ai dit qu'en emprisonnant cet innocent, on allait se retrouver avec 50 rebelles. Non, je ne sais pas ce qu'il est devenu. »

Pour de nombreux enquêteurs travaillant pour les autorités anglo-américaines à Bagdad, le procès du dictateur Irakien, accusé des crimes qui lui ont valu une condamnation à mort, fut une expérience effrayante qui se conclut d'une manière choquante. Grâce aux documents confisqués, ils avaient une idée des sombres rouages de la police secrète de Saddam. L'idée derrière le procès de Saddam était moins de trainer en justice les responsables de l'ancien régime que de montrer aux Irakiens comment une Justice et un état de Droit fonctionnent.

« C'était exaltant de voir Saddam être interrogé, » a dit un des enquêteurs. « L'aspect négatif fût son exécution. Ce qui m'a motivé c'était de voir comment Saddam traitait ses victimes – et j'avais sous mes yeux un microcosme de tous les morts qui se déroulaient en Irak. Mais son exécution fut d'une réelle sauvagerie. »

Saddam Hussein fut pendu dans la même unité de « haute sécurité » à Kazimiyah où les hommes de M. al-Maliki pendent à présent leurs victimes, comme un rappel de la terreur du régime baasiste de Saddam.

Source : independent
Traduction VD pour legrandsoir

(merci à Saïd qui nous a envoyé ce post)

lundi 22 septembre 2008

Déclaration de Le Feyt


Déclaration de Le Feyt - La paix en Irak : une option






Réseau International Anti-Occupation (IAON)



Les soussignés, amis de l'Irak, de France, Belgique, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Portugal, USA, Égypte, Suède et Irak, organisés dans le Réseau International Anti-Occupation (International Anti-Occupation Network (IAON)) et réunis à Le Feyt, France, du 25 au 27 août 2008, ont adopté la prise de position suivante. Cette déclaration témoigne de notre engagement en faveur d'une véritable fin à l'occupation et d'une paix durable en Irak.



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L'occupation américaine de l'Irak est illégale et ne peut être rendue légale. Tout ce qui a découlé de l'occupation est illégal et illégitime et ne peut pas trouver de légitimité. Ces faits sont incontestables. Quelles sont leurs conséquences?

La paix, la stabilité et la démocratie en Irak sont impossibles sous l'occupation. L'occupation étrangère est par nature opposée aux intérêts du peuple occupé, comme le prouvent les six millions d'irakiens déplacés à l'intérieur et l'extérieur de l'Irak, l'assassinat planifié d'universitaires et de professionnels irakiens et la destruction de leur culture, et le plus d'un million de tués.

La propagande occidentale tente d'accréditer l'absurdité selon laquelle l'envahisseur et destructeur de l'Irak pourrait jouer le rôle de protecteur de l'Irak. La crainte bien pratique d'un "vide de sécurité" - utilisée pour perpétuer l'occupation - ne tient pas compte du fait que l'armée irakienne n'a jamais capitulé et constitue l'épine dorsale de la résistance armée irakienne. Cette cheville ouvrière n'a pour seul souci que de défendre le peuple irakien et la souveraineté de l'Irak. De même, les projections sur une guerre civile ignorent le fait que la population irakienne, dans sa grande majorité, rejette l'occupation et continuera de le faire.

En Irak, le peuple irakien résiste à l'occupation par tous les moyens, conformément au droit international1. Seule la résistance populaire peut être reconnue comme expression du peuple iraquien et défenderesse de ses intérêts. Jusqu'à présent, les USA sont aveugles à cette réalité, espérant qu'un "élan diplomatique" , à la suite de la pression militaire constituée par un véritable nettoyage ethnique, permettra d'asseoir le gouvernement qu'ils imposent à l'Irak. Indépendamment de l'issue de la prochaine élection présidentielle US, les USA ne pourront jamais atteindre leurs objectifs impériaux, et les forces qu'ils imposent à l'Irak sont opposées aux intérêts du peuple irakien.

Certains en Occident continuent à justifier la négation de la souveraineté populaire à l'enseigne de la «guerre contre le terrorisme», criminalisant non seulement la résistance, mais aussi l'aide humanitaire à un peuple assiégé. Selon le droit international la résistance irakienne constitue un mouvement de libération nationale. La reconnaissance de la résistance irakienne est donc un droit, pas une option3. La communauté internationale a le droit de retirer la reconnaissance accordée au gouvernement imposé à l'Irak par les USA et de reconnaître la résistance irakienne.

Il est évident que l'Irak ne peut récupérer une stabilité, une unité et intégrité territoriale durables qu si sa souveraineté est garantie. Il est également évident que l'occupation US ne peut pas éviter d'avoir à rendre des comptes en essayant de reporter la responsabilité sur les voisins de l'Irak. Un pacte de non-agression, de développement et de coopération entre un Irak libéré et ses voisins immédiats est le moyen évident d'atteindre cette stabilité4. De par sa position géopolitique médiane, et compte tenu de ses ressources naturelles, un Irak libéré, pacifique et démocratique est essentiel au bien-être et au développement de ses voisins. Tous les voisins de l'Irak doivent reconnaître que la stabilité en Irak servirait leurs propres intérêts et s'engager à ne pas s'ingérer dans ses affaires intérieures.

Si la communauté internationale et les USA sont intéressés par la paix, la stabilité et la démocratie en Irak ils doivent accepter que seule la résistance irakienne - armés, civile et politique - peut atteindre ces objectifs en préservant les intérêts du peuple irakien. La première exigence de la résistance irakienne est le retrait inconditionnel de toutes les forces étrangères occupant illégalement l'Irak - y compris les sous-traitants privés - et le démantèlement de toutes les forces armées établies par l'occupation.

Le mouvement irakien contre l'occupation - dans toutes ses expressions – par sa défense du peuple iraquien, est la seule force habilitée à assurer la démocratie en Irak. Dans l'ensemble du spectre de ce mouvement, on s'accorde à penser qu'un gouvernement intérimaire constitué après le retrait US aurait deux missions: préparer le terrain pour des élections démocratiques et reconstituer l'armée nationale. Une fois ces tâches administratives accomplies, ce gouvernement intérimaire serait dissous, laissant les décisions concernant les réparations, le développement et la reconstruction à un gouvernement irakien souverain et librement élu dans un État de tous ses citoyens sans discrimination religieuse, ethnique, confessionnelle ou fondée sur le sexe.

Tous les lois, contrats, traités et accords signés sous l'occupation sont sans équivoque nuls et non avenus. Selon le droit international et la volonté du peuple irakien, la souveraineté totale sur les ressources pétrolières, naturelles, culturelles et matérielles de l'Irak repose entre les mains du peuple irakien, dans toutes ses générations, passées, présentes et futures. Toutes les composantes du mouvement contre l'occupation sont d'accord sur le fait Irakiens anti-occupation mouvement tous d'accord sur le fait que l'Irak devrait vendre son pétrole sur le marché international à tous les États qui ne sont pas en guerre avec lui, et en conformité avec les obligations de l'Irak comme membre de l'OPEP.

L'invasion US de 2003 était et reste illégale et le droit de la responsabilité de l'État exige que les États refusent de reconnaître les conséquences d'actes d'État illégaux5. La responsabilité de l'État comprend aussi un devoir de compensation. Les compensations doivent être payées par tous les acteurs étatiques et non-étatiques qui ont profité de la destruction et du pillage de l'Irak.

Le peuple iraquien aspire à la paix à long terme. Sur la base des conclusions d'Istanbul en 2005 du Tribunal mondial sur l'Irak6, et en reconnaissance des souffrances du peuple irakien agressé, les signataires de cette déclaration approuvent les principes énoncés ci-dessus pour la paix, la stabilité et la démocratie en Irak.

La souveraineté de l'Irak repose entre les mains de son peuple en résistance. La paix en Irak est facile à atteindre: PAR le retrait inconditionnel des USA et la reconnaissance de la résistance irakienne qui, par définition, représente la volonté du peuple irakien.

Nous lançons un appel à tous les gens épris de paix dans le monde à travailler pour soutenir le peuple irakien et sa résistance. L'avenir de la paix, de la démocratie et du progrès en Irak, dans la région et dans le monde en dépend.



Les membres du Réseau International Anti-Occupation7:

Abdul Ilah Albayaty, membre du Comité exécutif du BRussells Tribunal, www.brusselstribuna l.org, France - Irak

Hana Al-Bayaty, Coordinatrice de l' Initiative internationale des Irakiens sur les réfugiés, www.3iii.org, France - Égypte

Dirk Adriaensens, membre du Comité exécutif du BRussells Tribunal, www.brusselstribuna l.org, Belgique

John Catalinotto, International Action Center, http://www.iacenter .org/, USA

Ian Douglas, coordonnatrice de l'Initiative internationale pour l'engagement de poursuites contre le génocide US en Irak, www.USgenocide. org, Royaume-Uni - Égypte

Max Fuller, auteur de For Iraq, the Salvador Option Becomes Reality et Crying Wolf, death squads in Iraq - www.cryingwolf. deconstructingir aq.org.uk, Royaume-Uni

Paola Manduca, scientifique, New Weapons Committee, www.newweapons. org, Italie

Sigyn Meder, membre de l'Association de solidarité Irak à Stockholm, www.iraksolidaritet .se, Suède

Cristina Meneses, membre de la session portugaise du Tribunal mondial sur l'Irak, www.tribunaliraque. info/page/ inicio.html, Portugal

Mike Powers, membre de l'Association de solidarité Irak à Stockholm, www.iraksolidaritet .se, Suède

Manuel Raposo, membre portugais de la session portugaise du Tribunal mondial sur l'Irak, www.tribunaliraque. info/page/ inicio.html, Portugal

Manuel Talens, écrivain, membre de Cubadebate, Rebelión et Tlaxcala, Espagne

Paloma Valverde, membre de la Campagne espagnole contre l'occupation et pour la souveraineté de l'Irak (CEOSI), www.nodo50.org/ iraq/, www.iraqsolidaridad .org, Espagne

Le Feyt, France, 27 Août 2008



Notes

1 – Le droit à l'autodétermination, à l'indépendance nationale, à l'intégrité territoriale à l'unité nationale et à la souveraineté sans ingérence externe a été affirmé à de nombreuses reprises par divers organes de l'ONU, dont le Conseil de sécurité, l'Assemblée générale, la Commission des droits humains, la Commission juridique internationale et la Cour internationale de justice. Le principe d'autodétermination prévoit que dans les cas où celle-ci a été supprimée par la force, il puisse être fait recours à la force pour la restaurer.

La Commission des droits humains a réaffirmé de manière coutumière la légitimité de la lutte contre l'occupation par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée (CHR Resolution No. 3 XXXV, 21 February 1979 et CHR Resolution No. 1989/19, 6 March 1989).De manière explicite, la résolution 37/43, adoptee le 3 Décembre 1982 par l'Assemvblée générale de l'ONU "réaffirme la légitimité de la lutte des peuples pour l'indépendance, l'intégrité territoriale, l'unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère et de l'occupation étrangère par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée ." (Voir aussi les résolutions de l'AG de l'ONU 1514, 3070, 3103, 3246, 3328, 3382, 3421, 3481, 31/91, 32/42 et 32/154).

2 - L'article 1 (4) du 1er Protocole additionnel aux Conventions de Genève, 1977, considère les luttes pour l'autodétermination comme des situations de conflit armé international. La Déclaration de Genève sur le terrorisme dispose: "Comme maintes fois reconnu par l'Assemblée générale des Nations Unies, les peuples qui luttent contre la domination coloniale et l'occupation étrangère et contre les régimes racistes dans l'exercice de leur droit à disposer d'eux-mêmes ont le droit d'utiliser la force pour accomplir leurs objectifs dans le cadre du droit international humanitaire. Ces utilisations licites de la force ne doivent pas être confondue avec des actes de terrorisme international. "

3- Les mouvements de libération nationale sont reconnus comme étant la conséquence du droit à l'autodétermination. Dans l'exercice de leur droit à l'autodétermination, les peuples sous domination coloniale et étrangère ont le droit "de lutter ... et de demander et recevoir un appui, conformément aux principes de la Charte »et en conformité avec la Déclaration relative aux principes du droit international concernant les relations amicales et la coopération entre les États. C'est dans ces termes que l'article 7 de la Définition de l'agression (résolution de l'Assemblée générale 3314 (XXIX) du 14 Décembre 1974) reconnaît la légitimité de la lutte des peuples sous domination coloniale ou étrangère. La reconnaissance par l'ONU de la légitimité de la lutte des peuples sous domination coloniale et étrangère ou occupation est en ligne avec l'interdiction générale du recours à la force consacrée dans la Charte des Nations Unies, selon laquelle un État qui soumet par la force un peuple à une domination coloniale ou étrangère commet un acte illicite tel que défini par le droit international, et le peuple soumis à cette occupation, dans l'exercice de son droit naturel de légitime défense, peut lutter pour défendre et réaliser son droit à disposer de lui-même.

4- La Déclaration relative aux principes du droit international concernant les relations amicales et la coopération entre les États (résolution de l'Assemblée générale 2625 (XXV)) cite le principe que «les États doivent s'abstenir dans leurs relations internationales de la menace ou de l'emploi de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, ou de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. » Individuellement et collectivement, l'Irak et ses voisins devraient s'engager à s'abstenir de recourir à la force ou de menacer d'y recourir, de faciliter le recours à la force ou la menace de recours à la force par d'autres acteurs, et en s'abstenant de toutes les formes de s'ingérer dans les affaires d'autres États. Individuellement et collectivement, l'Irak et ses voisins devraient également s'engager à la coopération et au développement sur la base de la négociation, de l'arbitrage et de l'avantage mutuel.

5- L'article 41 (2) du projet d'articles sur la responsabilité des États de la Commission du droit international de l'ONU, représentant la règle du droit international coutumier (résolution 56/83 du 28 Janvier 2002 adoptée en Assemblée générale des Nations unies : « la responsabilité des États dans des actes illégaux »), empêche les États de bénéficier de leurs propres actes illégaux: « Aucun État ne doit reconnaître comme licite une situation créée par une violation grave [d'une obligation découlant d'une norme impérative du droit international général] », chapitre III (e), Résolution 36/103 du 14 Décembre 1962 de l'Assemblée générale des Nations Unies, "Déclaration sur le caractère inadmissible de l'intervention et ingérence dans les affaires intérieures des États".

6- Déclaration du Jury, Tribunal mondial sur l'Irak, Istanbul, 23-27 Juin 2005.

7- Le Réseau international contre l'occupation est une coalition de groupe solidaires du peuple irakien, pour la souveraineté de l'Irak et contre l'occupation de l'Irak sous direction US. Il a été établi en avril 2006 lors du séminaire international sur l'assassinat d'universitaires et de professionnels de santé irakiens, dont la résolution finale peut être lue ici.



À diffuser largement SVP

Pour les signatures individuelles et colectives :




http://www.tlaxcala .es/detail_ campagne. asp?lg=fr&ref_campagne= 5





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Personalités internationales se joignant à notre engagement en faveur d'une fin véritable de l'occupation et d'ne paix durable et soutenable en Irak

Ramsey Clark, Former U.S. Attorney General, international human rights activist, founder of the International Action Center - USA

Cynthia McKinney, Green Party US Presidential Candidate, www.runcynthiarun. org - USA

Denis Halliday, Former UN Assistant Secretary General & United Nations Humanitarian Coordinator for Iraq 1997-98 - Ireland

François Houtart, Director of the Tricontinental Center (Cetri), spiritual father and member of the International Committee of the World Social Forum of Porto Alegre, Executive Secretary of the Alternative World Forum, President of the International League for rights and liberation of people and president of the BRussells Tribunal - Belgium

Socorro Gomes, Chairwoman of WPC - World Peace Council and of Cebrapaz - Brazilian Center of Solidarity with Peoples and Struggle for Peace

José Francisco Gallardo Rodríguez, General Major and PhD. in Public Administration - Mexico

Manik Mukherjee, Deputy, International Affairs, Socialist Unity Center of India, General Secretary, International Anti-imperialist and People's Solidarity Coordinating Committee - India

Eduardo Galeano, Essayist, journalist, historian, and activist - Uruguay

Harold Pinter, Author, Nobel Prize in Literature 2005 - UK

James Petras, Author - USA

Jan Myrdal, Author - Sweden

Michael Parenti, Author - USA

Peter Curman, Author - Sweden

Rosa Regàs, Author - Spain

Santiago Alba Rico, Author, philosopher, member of www.rebelion. org, Spain – Tunisia

William Blum, Author, USA

Issam Chalabi, Former Iraqi Oil Minister, Iraq/Jordan

Dr. Omar Al Kubaisy, Senior iraqi cardiologist, anti occupation politician and activist on iraq health & medical situation

Dr. Saeed H. Hasan, Former Iraqi Permanent Representative to the United Nations - Iraq

Dr. Saadallah Al-Fathi, Former head of the Energy Studies Department at OPEC - Iraq

Salah Omar Al Ali, Ex iraqi minister/ex Iraq's ambassador to UN

Faruq Ziada, Former Iraqi Ambassador

Majid Al Samarai, Former Iraqi ambassador

Wajdi A. Mardan, Writer and Iraqi Diplomat

Naji Haraj, former Iraqi diplomat, human rights activist

Hassan T. Walli Aydinli, President of the Committee for the Defence of the Iraqi Turkmens' Rights – Belgium-Iraq

Sabah Al-Mukhtar, President of the Arab Lawyers Association - Iraq / UK

Mohammed Younis Alobaidi, Oil Expert, Petroleum Consultancy Group (PCG) Board Member

Prof. Dr. Zuhair Al Sharook, Former President of Mosul University, Iraq

Dr. Abdul Razaq M. Al Dulaimi, Dean of college of communication in Baghdad before the invasion

Mohammed Aref, Science writer - Iraq / UK

Muhamad Tareq Al-Deraji, Director of Monitoring net of human rights in Iraq - President of CCERF - Fallujah

Dr. Mousa Al-Hussaini, Iraqi Writer

Buthaina al Nasiri, Author and activist, Iraq-Egypt

Dr. Souad Naji Al-Azzawi, Asst. Prof. Env. Eng. - University of Baghdad - Iraq

Mundher Al-Adhami, Research Fellow at Kings College London - Iraq / UK

Nermeen Al-Mufti, Former co-director of Occupation Watch - Journalist - Iraq

Salam Musafir, Iraqi author and journalist based in Russia

Wafaa' Al-Natheema, Independent journalist, activist, founder of the Institute of Near Eastern & African Studies (INEAS), filmmaker, author of "Untamed Nostalgia - Wild Poems," http://zennobia. blogspot. com

Hisham Bustani, Writer and Activist, Secretary - Socialist Thought Forum, Jordan

Nada Kassass, Activist, Egypt

Dr Sahera Al Abta, Academic,Doctor in biology,Faculty of Sience,Iraq/ Amman

Sabah Al-Khozai, Academic & Politician

Dr. Mahmoud Khalid Almsafir, Ass. Prof. International Economics, Kuala Lumpur, Malaysia

Ghali Hassan, Independent writer living in Syndey, Australia

Yasar Mohammed Salman Hasan, Computer science and business management - UK

Abdul Wahab Hamid Rashid, Iraq/Sweden

Asma Darwish Al-Haidari, Economist and Activist – Amman

Dr. Curtis F.J. Doebbler, International Human Rights Lawyer - USA

Karen Parker, Attorney, Association of Humanitarian Lawyers, partners of the BRussells Tribunal - USA

Niloufer Bhagwat, Vice President of Indian Lawyers Association - Mumbai / India

Amy Bartholomew, Law professor - Canada

Jennifer Van Bergen, Journalist, author writing about civil liberties, human rights and international law, law lecturer at the Anglo-American University in Prague

Ana Esther Ceceña, Researcher/professo r in geopolitics, National Autonomous University of México, Director of the Geopolitics Latinamerican Observatory – Mexico

Ángel Guerra Cabrera, Journalist and professor - Cuba

April Hurley, MD, Iraq Peace Team, Baghdad 2003 – California, USA

Azildin Bin Hussain Al Qutamil, Arab Avant Guard-blog - Tunis

Dr. Bert De Belder, Coordinator Intal & Medical Aid For The Third World - Belgium

Carlos Fazio, Journalist and academic - Mexico

Carlos Taibo, Professor of Political Sciences, Madrid Autonomous University - Spain

Carmen Bohorquez, Philosopher, Coordinator of the network of networks In Defense of Humanity – Venezuela

Dr. Chandra Muzaffar, President of JUST International - Malaysia

Claudio Moffa, Professor of History - Italy

Corinne Kumar, Secretary General of El Taller International - Tunesia / India

Dahr Jamail, Independent journalist, author: Beyond the Green Zone: Dispatches from an Unembedded Journalist in Occupied Iraq - USA

David Miller, Professor of Sociology at Strathclyde University, co-founder of Spinwatch - UK

Dirk Tuypens, Actor - Belgium

Elias Davidsson, Composer, international law scholar and activist for 9/11 truth – Germany

Eric Goeman, Coordinator ATTAC - Belgium

Fausto Giudice, Writer, translator, activist, member of Tlaxcala – Italy/France

Felicity Arbuthnot, Journalist - UK

Frank Vercruyssen, Actor, TG Stan - Belgium

Frantz Mendes, President United Steel Workers Local 8751 - USA

Dr. Gideon Polya, Scientist, author of Body Count. Global avoidable mortality since 1950 - http://mwcnews. net/Gideon- Polya, Australia

Gie van den Berghe, Professor University of Ghent - Belgium

Gilad Atzmon, Musician, writer, pro-Palestinian activist – UK

Gilberto López y Rivas, Anthropologist - Mexico

Prof. Hedvig Ekerwald, Dept of Sociology, Uppsala University - Sweden

Prof. Em. Herman De Ley, Em. Prof. Ghent University, Ex-director of Centre for Islam in Europe - Belgium

Isaac Rosa, Writer - Spain

James E. Jennings, PH.D., President, Conscience International, Inc., a humanitarian aid and human rights organization working primarily in the Middle East; and Executive Director, US Academics for Peace, a group of university professors dedicated to dialogue among civilizations - USA

Jean Pestieau, Professor Emeritus, Catholic Univercity of Louvain (UCL), Belgium

Joachim Guilliard, Journalist, Anti-war movement - Germany

John Saxe-Fernández, Professor of political science, National Autonomous University - Mexico

Jos Hennes, Publisher EPO - Edition House - Belgium

José Reinaldo Carvalho, Journalist, politologue, Relations Internationales, Cebrapaz - Centre Brésilien Pour la Solidarité avec les Peuples et la Lutte pour la Paix - Brazil

Kris Smet, Former Journalist - Belgium

Larry Holmes, Troops Out Now Coalition - USA

LeiLani Dowell, Fight Imperialism, Stand Together - USA

Prof. Dr. Lieven De Cauter, Philosopher, K.U. Leuven / Rits, initiator of the BRussells Tribunal - Belgium

Lolo Rico, Screenwriter - Spain

Ludo De Brabander, Vrede, Peace Organisation - Belgium

Luz Gómez García, Lecturer. Universidad Autonoma de Madrid - Spain

Manlio Dinucci, Journalist Il Manifesto - Italy

Marc Vandepitte, Philosopher - Belgium

Maria McGavigan, Institute for Marxist Studies, Brussels

Dr Mario Novelli, Lecturer in International Development, University of Amsterdam, Netherlands

Maruja Torres, Writer and journalist - Spain

Mary Rizzo, Writer, Translator, pro-Palestinian activist, member of Tlaxcala - USA/Italy

Mathias Cederholm, Historian University of Lund, member in the Iraq Committe in Malmö, Sweden

Merry Fitzgerald, Europe-Turkmens of Iraq Friendships – Belgium http://www.turkmenf riendship. blogspot.com/

Michel Chossudovsky, Economics professor and director, Centre for Research on Globalization (CRG) - Canada

Michel Collon, Author, journalist - Belgium

Miguel Álvarez Gándara, member of SERAPAZ, http://www.serapaz. org.mx/ - Mexico

Dr. Nayar López Castellanos, National Autonomous University of México – Mexico

Pascual Serrano, Journalist, member of www.rebelion. org - Spain

Paul Vanden Bavière, Former journalist De Standaard, publicist and editor of webzine Uitpers - Belgium

Pedro Monzón, Professor, Coordinator of the Cuban Chapter In Defense of Humanity - Cuba

Dr. Pol De Vos, Public Health Researcher - Peace movement, Belgium

René Naba, Journalist, writer - France

Robin Eastman-Abaya, Physician and human rights activist - USA

Prof. Rudi Laermans, Sociologist, Catholic University of Leuven - Belgium

Sara Flounders, Co-director of the International Action Center

Sarah Meyer, Independent researcher living in Sussex - UK

Saul Landau, Scholar, author, commentator, and filmmaker on foreign and domestic policy issues, fellow of the Institute for Policy Studies – USA.

Sköld Peter Matthis, Ophthalmologist - Sweden

Stephan Galon, ABVV Trade-Union Secretary / Permanent Syndical Centrale Générale FGTB - Belgium

Stéphane Lathion, Swiss scholar (Fribourg University) - President of the GRIS (Research Group on Islam in Switzerland) .

Stephen Eric Bronner, Professor of political science, Rutgers University - USA

Stevan Kirschbaum, Chair Grievance Committee United Steel Workers 8751 - USA

Steve Gillis, Vice President, United Steel Workers Local 8751 - USA

Teresa Gutierrez, May 1st Coalition for Immigrant and Worker Rights Co-Coordinator and Deputy Secretary General International Migrant Alliance (organizations for ID only) - USA

Dr. Thomas M. Fasy, MD PhD, Clinical Associate Professor, Mount Sinai School of Medicine – USA

Víctor Flores Olea, Writer and political scientist - Mexico



Organisations signataires

All India Anti-imperialist Forum - India

BRussells Tribunal - Belgium

CEOSI - Spain

Conscience International - USA

El Taller International - Tunesia

INTAL - Belgium

International Action Center - USA

International Anti-imperialist and People's Solidarity Coordinating Committee

The Iraq Solidarity Association in Stockholm (IrakSolidaritet) - Sweden

Medical Aid For The Third World - Belgium

Muslim Peacemaker Teams - Iraq

Palestine Think Tank (Free Minds for a Free Palestine)

Tlaxcala, The Translators' (Global) Network for Linguistic Diversity

US Academics for Peace - USA

World Courts of Women



Nous engageons le mouvement international pour la paix, la societé civile et les hommes et femmes politiques à suivre leur exemple





Campagne débutée le 19/09/2008