jeudi 21 octobre 2010

   Nouri al-Maliki, Premier ministre irakien sortant, est allé, le 18 octobre,  à Téhéran demander à Ali Khameneï, Guide suprême du régime des mollahs, de soutenir sa réélection. Opération réussie, bien que personne ne sache ce qu’il a cédé pour y parvenir. Comme l’a dit Raouf Sheibani, vice-ministre iranien des Affaires étrangère, Al-Maliki « semble être un des choix appropriés pour l'Irak », en raison de « sa longue expérience à la direction du pays » (1). La Maison-Blanche et le Pentagone en disent officieusement autant, à cette différence près qu’aux Etats-Unis l’influence dont disposerait Moqtada al-Sadr dans le prochain gouvernement pose plus de problèmes qu’à l’Iran.
   Pour James F. Jeffrey, ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad (2), Moqtada est une menace pour le « processus démocratique », car il ne fait « pas de distinction entre les moyens politiques pacifiques et l'intimidation violente » (3). Rick Francona, ancien agent de renseignement  qui a bourlingué pour la DIA et la CIA au Liban, en Irak et en Syrie depuis la fin des années 70, va plus loin en conseillant, sur son blog (4), de se méfier de Nouri al-Maliki.
   Le Guide suprême iranien devrait donc ordonner à ses troupes d’occupation – Gardiens de la révolution et milices – de reconfigurer leurs activités terroristes, et à Adel Abdel-Mahdi – candidat Premier ministre du bloc chiite INA - de rentrer dans le rang. Un rappel disciplinaire devrait être transmis à Ammar al-Hakim, jeune chef du Conseil Suprême Islamique d’Irak (SCRI) qui se sent pousser des ailes, pour lui faire comprendre qu’un accident est vite arrivé… qu’il a un frère pour le remplacer.
   Les Kurdes exigent toujours des engagements écrits d’Iyad Allaoui, de Nouri al-Maliki et d’Adel Abdel-Mahdi aux 19 demandes qu’ils ont formulés, comprenant notamment l’annexion à terme de Kirkouk et de territoires dits contestés. Ils craignent que leurs interlocuteurs ne les respectent pas. Comment le pourraient-ils ? Au nord, les Arabes et les Turcomans ont votés majoritairement pour les candidats d’Iraqiya (Iyad Allaoui) ou des listes sadristes (membres de l’Alliance Irakienne Unifiée - INA). Pour Jawher Namiq Salim, Président du parlement kurde élu en 1992 (après le soulèvement organisé en collaboration avec la CIA), l’avenir du Kurdistan irakien s’annonce sombre. Il a vu Al-Maliki à l’œuvre et Iraqiya, dit-il, est « une base du chauvinisme arabe, de  racistes, tous anciens baasistes » (5)…
A suivre…
 
Note :
 
 (1) Maliki en Iran pour rallier des soutiens à sa candidature (L’Orient-Le Jour -19/10/10)
 
(5) James F.Jeffrey a été n° 2 à  l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad de juin 2004 à mars 2005, puis chargé d'affaires de mars à juin 2005
.
 (3) Iraq’s leader gain crucial ally, but his constituents are wary, par Leila Fadhel (Washington Post - 11/10/10)
 
(4) Iraq – the concequence of anather term for al-Maliki, par Rick Francona
 
(5) Prominent Kurdish Figure Says Kurdish Future is Not Optimistic in Iraq
http://www.rudaw.net/english/kurds/3225.html
 
Précédent épisode :
La foire d'empoigne parlementaire

par Gilles Munier 

mercredi 20 octobre 2010

Afghanistan, vers le retrait

mardi 19 octobre 2010
Alain Gresh
Le Monde diplomatique

La guerre d’Afghanistan est entrée dans sa dixième année : elle a commencé le 7 octobre 2001, les troupes américaines et britanniques lançant leur attaque contre le régime des talibans, un mois après les attentats de New York et Washington. 
 
(JPG)
Rapatriement des corps des derniers soldats italiens tués en Afghanistan

L’objectif affiché était d’en finir avec le pouvoir du mollah Omar et de démanteler « les réseaux terroristes ». Cette offensive s’inscrivait dans ce que l’administration Bush appelait « la guerre contre le terrorisme » et qui allait se déployer en Irak, puis au Liban durant la guerre israélienne de l’été 2006.
Les résultats sont connus et, sans entrer dans les détails, on peut en tracer les traits principaux :
-  extension de l’influence des talibans en Afghanistan, qui contrôlent désormais une partie importante du territoire et mobilisent plus largement au nom de la lutte contre l’invasion étrangère ;
-  extension des combats au Pakistan où les talibans locaux mènent une lutte déstabilisatrice contre le pouvoir et l’armée accusés de collaborer avec les Etats-Unis ;
-  implantation d’Al-Qaida en Irak où l’organisation n’avait aucun relais avant la guerre de 2003 ;
-  renforcement des réseaux qui se réclament d’Al-Qaida et qui, du Liban à la Somalie, en passant par le Yémen s’engagent militairement contre les troupes américaines et leurs alliés.
Plus largement, la guerre contre le terrorisme a aggravé la déstabilisation de la région, au détriment même des intérêts des Etats-Unis.
L’enlisement et l’aveuglement qui ont marqué la politique américaine en Afghanistan, politique suivie sans état d’âme par la France, vont-ils prendre fin ? Les Etats-Unis préparent-ils leur retrait et laisseront-ils aux Afghans la possibilité de régler leurs propres problèmes ?
Au moins, un débat se déroule au sein de l’administration américaine, comme le livre de Bob Woodward, Obama’s Wars, le montre. Dans un article qui évoque cet ouvrage, Robert Dreyfuss (« Woodward : Obama Wants Out of Afghanistan », The Nation, 22 septembre - à partir de ce que différents journaux ont publié, le livre n’étant pas à l’époque disponible) cite une des déclarations d’Obama en 2008 à ses généraux qui demandaient un engagement plus soutenu :
« En 2010, nous ne devrons plus avoir une conversation sur la façon de faire plus. Je ne veux pas entendre, “Nous allons bien, Monsieur le Président, mais nous serions mieux si nous en faisons plus.” Nous n’allons pas avoir une conversation sur la façon de changer [la mission]... à moins que nous parlions de la façon de nous retirer plus rapidement que prévu en 2011. »
Le livre semble confirmer la volonté du président Obama de se sortir du bourbier afghan.
Deux informations récentes, toutes deux rapportées par l’International Herald Tribune (15 octobre) (les liens hypertextes sont faits avec les articles publiés sur le site électronique du New York Times) éclairent le contexte et confirment cette impression. La première concerne le contingent espagnol (l’Espagne s’est retirée d’Irak après la victoire des socialistes en 2004 mais continue à participer aux combats en Afghanistan). L’article raconte l’histoire d’un soldat mort au combat, dont la particularité était qu’il n’avait pas la nationalité espagnole, mais... colombienne. (Rachel Donadio et Dale Fuchs, « A Casualty Both of War and the Spanish Economy »). On y aprend que 7 % de l’armée espagnole est composée d’étrangers, poussés à s’engager par la crise économique et par la perspective (non automatique) d’acquérir la nationalité espagnole. Comme sa mère l’indique aux journalistes, on le considérait plus comme « un mercenaire » que comme un soldat. Depuis le 11 septembre 2001, l’armée américaine aussi a largement fait appel à des volontaires étrangers. Je citais en décembre 2006, dans un envoi intitulé « L’armée américaine à la recherche de volontaires étrangers », un journal américain :
« A l’heure actuelle, la politique du Pentagone stipule que seuls les immigrants légaux résidant aux Etats-Unis ont le droit de s’enrôler. On compte aujourd’hui 30 000 non-citoyens qui servent dans les forces armées américaines, soit 2 % des effectifs d’active (...) Environ une centaine de non-citoyens sont morts en Irak et en Afghanistan. Un récent changement de la loi américaine donne au Pentagone l’autorité d’amener des immigrants aux Etats-Unis s’il les considère comme vitaux pour la sécurité nationale. Jusqu’à présent, le Pentagone n’a pas utilisé ce changement, mais la pression s’accroît pour qu’il utilise cette nouvelle possibilité. Certains penseurs militaires hauts placés pensent que les Etats-Unis devraient recruter des étrangers dans leur pays d’origine. »
Quand une nation prétend engager une guerre vitale, au nom de la liberté et des grands principes, mais sont incapables de trouver assez de soldats « nationaux » pour les mener, cela pose, c’est le moins qu’on puisse dire, problème.
La deuxième information donnée par le quotidien américain confirme l’appui de Washington et de l’OTAN aux négociations secrètes menées par le pouvoir afghan avec les talibans (Helen Cooper et Dexter Filkins, « Push on Talks With Taliban Confirmed by NATO Officials »). Les Etats-Unis ont permis à d’importants responsables des talibans d’assister à des réunions à Kaboul, révèlent les journalistes qui se sont vu confirmer par des responsables militaires américains que la réconciliation était une dimension clef de la guerre qu’ils menaient. Dans le même temps, l’OTAN intensifie ses opérations militaires, notamment en utilisant les drones pour tuer d’autres responsables talibans et contraindre les talibans à négocier. Quoiqu’il en soit, il semble bien qu’un processus s’est mis en route pour aboutir à un gouvernement d’union nationale et au départ des troupes étrangères. Bien sûr, le chemin sera long, mais il semble bien que Washington a pris conscience que cette guerre ne pouvait pas être gagnée. Il aura fallu dix ans de combats, de morts, de destruction, de déclarations enflammées sur les femmes afghanes, sur le fait que nos soldats se battaient là-bas pour éviter que les combats s’étendent dans nos banlieues...

(JPG) Du même auteur :

17 octobre 2010 - Les blogs du Diplo
Vous pouvez consulter cet article à :
http://blog.mondediplo.net/2010-10-...


samedi 16 octobre 2010

Près de 77.000 Irakiens tués en 5 ans, (l'armée américaine)
16/10/2010 Près de 77.000 Irakiens ont été tués entre janvier 2004 et août 2008, soit la période la plus sanglante en sept ans de
guerre, selon un bilan établi par l'armée de l'occupation américaine.
   Ce nouveau bilan américain a été publié discrètement fin juillet sur le site du Commandement central de l'armée américaine (Centcom). Il fournit les données américaines les plus détaillées à ce jour sur les morts en Irak.

Selon ces données, 63.185 civils irakiens et 13.754 membres irakiens des forces de sécurité ont été tués durant la période concernée.
Au moins 121.649 Irakiens ont également été blessés, tandis que 3.592 soldats de l'occupation ont été tués et 30.068 blessés au cours de la même période.


Un porte-parole du département de la Défense a déclaré qu'il ne savait pas si les insurgés tués en Irak étaient comptabilisés dans ce bilan, précisant que ces décès pouvaient avoir été causés par les forces de la "coalition" ou Al-Qaïda et d'autres groupes insurgés.


L'évaluation du nombre de victimes irakiennes depuis l'invasion lancée par les Etats-Unis en mars 2003 est l'objet de controverses et varie considérablement selon les sources, allant de moins de 100.000 à plusieurs centaines de milliers.
Dans un rapport publié en octobre 2009, le ministère irakien des droits de l'homme avait avancé le chiffre de 85.694 personnes mortes suite aux violences et 147.195 blessés.

   Le site indépendant Iraq Body Count estime pour sa part que le nombre de civils tués depuis 2003 se situe entre 98.252 et 107.235 personnes.
   Une étude controversée publiée dans le magazine britannique The Lancet en 2006 a affirmé que la guerre avait coûté la vie à 655.000 Irakiens, un chiffre dépassant toutes les autres estimations.


L'armée américaine a publié ces données à la suite d'une requête émanant de l'Université George Washington, se fondant sur le droit à l'information.
   
Revue de presse :
 
La police irakienne arrête un gang
spécialisé dans la contrebande de filles

par Hassan Saraa (Azzaman*- 14/10/10)
 
   La police irakienne a appréhendé les membres d’un gang spécialisé dans la contrebande de filles qui opéraient dans la province de Bassora. La plupart des filles vendues à l’étranger appartiennent à des familles pauvres de la ville.
Un commerce florissant
qui s’est répandu depuis 2003
 
   La contrebande de filles est un business florissant en Irak. Depuis l’invasion américaine de 2003, ce commerce est aussi répandu que le trafic illicite de stupéfiants, d'antiquités et d'armes.
   « Le trafic de jeunes filles est un phénomène étrange et inacceptable dans une société traditionnelle comme l'Irak », nous a déclaré un agent de sécurité qui ptéfèrent garder l’anonymat . Il a ajouté que ce n'était pas la première fois que la police arrêtait ce genre de trafiquants : «Les gangs s’en prennent aux petites filles. Ils fournissent de faux passeports et facilitent leur voyage à l'étranger ». Mais il a refusé de donner des détails sur le nombre de filles passées en contrebande.
 
Des gangs qui poussent
comme des champignons
 
    Pour Tareq Hareb, expert juridique, il y a en Irak de nombreuses bandes organisées, spécialisées dans la vente de filles. Il attribue ce trafic à «la pauvreté abjecte qui règne dans le pays ». Hareb dit que loi irakienne est extrêmement sévère avec les contrebandiers qui, s'ils sont reconnus coupables, sont condamnés à la réclusion à perpétuité. « Mais les filles irakiennes hésitent à les dénoncer. Elles craignent la honte que génèrent de telles révélations. C’est la raison pour laquelle ces gangs poussent comme des champignons ».
   La Professeur Fawziya al-Attiya a une opinion différente. Pour elle, la cause principale de la contrebande de filles est le manque de sécurité.
   Les crimes dont les femmes sont victimes ont fait un bond en avant depuis l'invasion américaine. Le nombre de veuves et de familles irakiennes dirigées par des femmes a grimpé en flèche.
 
Source: Iraqi police seize gang specialized in smuggling of girls
 
* Azzaman est un des principaux quotidiens irakiens. Il est publié simultanément à Londres et Bagdad. Au tout début des années 90, son directeur, Saad al-Bassaz, a dirigé l’Agence de presse et l’Office radio- télévision irakiens, puis le quotidien Al-Joumhouriya. Il a quitté l’Irak en octobre 1992, après la parution de son livre sur les secrets de la première guerre du Golfe.
 
Par Gilles Munier

lundi 11 octobre 2010

 PARTITION BY CENSUS

We, the undersigned, defending the right of Iraq to independence, sovereignty, unity and territorial integrity, rejecting the attempts of Iraqi puppets promoted by the US occupation to trade the national rights of Iraqis and to institutionalise via census the criminal demographic engineering they have pursued by force, declare that:
From the first day of the US-UK occupation of Iraq, the occupation began to undertake a series of measures, directly or through its local allies, to destroy Iraq as a state and a nation and to partition it along ethnic and sectarian lines.
Today, the puppet government of the occupation and its Kurdish partners are trying to hold a population census in Kirkuk province whose aim is to give a permanent legal character to the criminal social engineering, ethnic cleansing and demographic changes that have been implemented under occupation.[1] This could unleash a full blown civil war across Iraq, and potentially lead to its partition and a consequent regional war.
In addition to the death of more than one million Iraqis, the ethnic cleansing and other means pursued by the United States, United Kingdom and their allies in order to implement the process of partitioning Iraq, in its cities and regions, have caused the forced migration of 2.5 million Iraqis out of Iraq and the forced displacement of 2.5 million others from their homes inside Iraq.
The ethnic cleansing suffered by the population in the provinces of Mosul, Diyala, Salahuddin and the Baghdad area, and most notably in Kirkuk and the so-called "disputed areas" — where the population is forced by various means, including systematic assassinations, bombing civilians, collective punishment, transfer, displacement, deportation and other crimes against humanity, to migrate only to be replaced by people from other provinces or even from outside Iraq — is a clear crime of destruction and part of the intended partition of Iraq.
The United States, the United Kingdom and their allies waged an illegal war of aggression against Iraq and occupied its territory. This war in itself is a crime punishable under international law. International law, in particular The Hague Regulations of 1907, the Geneva Conventions and additional protocols, and the Genocide Convention, explicitly prohibits occupying powers from instituting changes aimed at permanently altering the foundational structures of occupied territories, including the judiciary, economy, political institutions and social fabric.[2]
International law considers the systematic transfer, deportation or displacement of population a crime against humanity.[3] Residents of affected areas, the Iraqi national forces, the displaced, and the majority of the people of Iraq declare this census null and void. It has no binding legal consequences and cannot and should not be used to support or justify the intended partition of Iraq.
We demand that no census be conducted before the free return of all Iraqi refugees. We demand that the question of ethnicity not be used to instigate the partition of Iraq and that it be removed from any census, now and in the future. We declare as fraudulent the justification under occupation of a census on the basis of long term planning in the context of a temporary and unstable demographic situation.
We demand that the United Nations and the Arab League and all governments, personalities, organisations and institutions support the demands of the people of Iraq by not recognising the results of this census, and by not assisting in conducting it. This census is designed to reward criminals for their crimes at the expense of their victims.
______________________________________________________________________________________________
Dr Ian Douglas, coordinator of the International Initiative to Prosecute US Genocide in Iraq and member of the Executive Committee of the BRussells Tribunal
Abdul Ilah Albayaty, Iraqi political analyst and member of the Executive Committee of the BRussells Tribunal
Hana Al Bayaty, member of the Executive Committee of the BRussells Tribunal and the International Initiative to Prosecute US Genocide in Iraq
Dirk Adriaensens, member of the Executive Committee of the BRussells Tribunal
Prof. Em. François Houtart,  Participant in the Bertrand Russell War Crimes Tribunal on US Crimes in Vietnam in 1967, Director of the Tricontinental Center (Cetri), spiritual father and member of the International Committee of the World Social Forum of Porto Alegre, Executive Secretary of the Alternative World Forum, President of the International League for Rights and Liberation of People, Honorary President of the BRussells Tribunal and senior advisor to the President of the United Nations General Assembly Miguel d’Escoto Brockmann, recipient of the 2009 UNESCO Madanjeet Singh Prize for the Promotion of Tolerance and Non-Violence
Prof. Dr. Lieven De Cauter, philosopher, K.U. Leuven / Rits, initiator of the BRussells Tribunal
Prof. Patrick Deboosere Demographer, VUB - member of the BRussells Tribunal executive committee
Ward Treunen, former TV producer - member of the BRussells Tribunal executive committee
Hugo Wanner, VZW Netwerk Vlaanderen - member of the BRussells Tribunal executive committee
NOTES
[1] Forced displacement and the construction of walled-in districts and their associated regimes, by contributing to demographic changes in Iraq, contravene international humanitarian law, including Article 49, paragraphs 1 and 5, of The Fourth Geneva Convention Relative to the Protection of Civilian Persons in the Time of War, 1949, and as such constitute war crimes.
[2] Articles 43 and 55 of The Hague IV Regulations on Laws and Customs of War on Land, 1907 (HR); Articles 54 and 64 of The Fourth Geneva Convention Relative to the Protection of Civilian Persons in the Time of War, 1949. Occupying powers are obliged to manage the resources of the occupied territory under the law of usufruct only. This means that while they may use national resources as necessary to the upkeep of the wellbeing of the population in the occupied territory (Fourth Geneva Convention, Article 64) they cannot profit from the use of such resources or award themselves partial or whole ownership of such resources. The US remains a belligerent occupier of Iraq.
[3] Article 7 (1) (d) of the Elements of Crimes of the International Criminal Court.

To endorse this statement, please send an email to PARTITION BY CENSUS

ENDORSED BY 
Denis HallidayIrelandFormer UN Assistant Secretary General United Nations Humanitarian Coordinator for Iraq 1997-98, recipient of the 2003 Gandhi International Peace Award
Niloufer hagwatB India Vice President of Indian Lawyers Association
Matthias Chang Malaysia Trustee of The Kuala Lumpur Foundation To Criminalise War
Dr. Curtis F.J. Doebbler USA International Human Rights Lawyer
Karen Parker USA Attorney , Association of Humanitarian Lawyers, partners of the BRussells Tribunal
Salah Omar Al Ali Iraq ex iraqi minister/ex Iraq's ambassador to UN
Abdulkarim Hani Iraq Former Health minister 
Ahmed Manai Tunesia Former expert with the UN, President of the Tunisian Institute of International Relations - Tunesia
Naji Haraj Iraq Former diplomat, human rights advocate
Sabah Al Mukhtar Iraq/UK President of the Arab Lawyers Association
Eduardo Galeano Uruguay Essayist, journalist, historian, and activist
Prof. Michel Chossudovsky Canada Director of the Centre for Research on Globalization (CRG) 
Dr Zulaiha Ismail Malaysia Perdana Global Peace Organisation
Dr Souad Al Azzawi Iraq Researcher on the use of DU in Iraq, Asst. Prof. Env. Eng - University of Baghdad 
Gideon Polya Australia retired senior biochemist, author: biochemical scientific publications and global avoidable mortality
Paola Manduca Italy Scientist, New Weapons Committee
Stephen Lendman USA Writer, analyst, co-host of The Global Research News Hour
Felicity Arbuthnot UK Journalist
Dahr Jamail USA Journalist
Nicolas Davies USA Author of Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq.
Max Fuller UK Author of For Iraq, the Salvador Option Becomes Reality and Crying Wolf, deaths squads in Iraq 
Merry Fitzgerald Belgium Europe-Turkmens of Iraq Friendships Association
Sigyn Meder Sweden Member of the Iraq Solidarity Association in Stockholm
Joachim Guilliard Germany Journalist, Anti-war movement
Inge Van De Merlen

Belgium

Member of the BRussells Tribunal

samedi 9 octobre 2010

   Selon le quotidien pan-arabe Al-Sharq al-Awsat, Nouri al-Maliki aurait massé à Bagdad les détachements militaires et les milices chiites qui lui sont fidèles (1). Une source anonyme affirme que le Premier ministre sortant recourrait à la force au cas où il ne parviendrait pas à former le nouveau gouvernement, mais il n’est pas dit qu’à cette occasion un militaire ne le double pas à la dernière minute.
   Le fait que les troupes d’occupation américaines aient conseillé aux autorités irakiennes d’intensifier les patrouilles dans Bagdad et de surveiller plus particulièrement les « centres névralgiques du pouvoir », ne présage rien de bon. L’éventualité d’un coup d’Etat militaire, dans les quatre ans, si les politiciens civils ne s’entendaient pas entre eux, avait été évoquée il y a quelques mois par Ryan Crocker, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Irak.
Si Moqtada nous demandait
d’aller en enfer…
 
   Pour l’instant, les discussions entre le pro-américain Iyad Allaoui et Nouri al-Maliki se poursuivent. Allaoui réclame la Présidence de la République comme gage de sa neutralité bienveillante dans les mois à venir, ce dont évidement tout le monde doute. Et, pendant ce temps, à Bagdad, Kerbala et Bassora, des milliers de sadristes manifestent pour confirmer leur allégeance à Moqtada al-Sadr. La décision inattendue – mais conditionnelle -  du Sayyed de soutenir Al-Maliki ne semble pas les avoir troublé. L’Agence de presse iranienne ABNA rapporte les propos d’un de ses supporters (2) disant de Moqtada : « Même s’il nous demandait d’aller en enfer, nous irions » !
 
Notes :
(1) Iraq: Fears of a coup grow amid political stalemate
http://www.adnkronos.com/AKI/English/Security/?id=3.1.1076396062
 
 (2) Supporters of Sayyed Moqtada Sadr Rally in Iraq
http://www.abna.ir/data.asp?lang=3&id=208034
 
Par Gilles Munier

dimanche 3 octobre 2010

La débâcle en Afghanistan : les troupes britanniques se retirent de Sangin

samedi 2 octobre 2010 - 22h:50
Robert Stevens - WSWS



Le 20 septembre, les 1000 derniers soldats britanniques ont quitté Sangin, dans le Sud de l’Afghanistan. Après plus de quatre ans, ils ont remis aux Etats-Unis le contrôle de leurs bases. 
 
(JPG)
Les Britanniques en sont-ils vraiment réduits à envoyer le prince Charles pour maintenir le moral de leurs troupes en Afghanistan ?
 
Le retrait est officiellement présenté comme un simple redéploiement par lequel les troupes qui font partie d’une force britannique totalisant 9.500 hommes en Afghanistan sont envoyées dans la zone centrale de Helmand. Mais rien ne peut faire occulter le fait que la Grande-Bretagne a subi une défaite majeure. La raison n’est pas, comme certaines sections des médias l’affirment, simplement que Sangin est devenu un « terrain d’entraînement » pour les Taliban. Les forces armées britanniques ont été chassées en tant qu’occupants par une insurrection populaire déterminée.
C’est pourquoi le Daily Mail a reconnu que « les responsables militaires de haut rang veulent à tout prix que cela ne soit pas considéré comme la reconnaissance d’une défaite ou d’une retraite après les combats les plus violents que les soldats britanniques aient connus depuis la Deuxième Guerre mondiale. »
Ce retrait souligne la destruction criminelle de la vie comme conséquence de cette sale guerre impérialiste. Les rapports des médias donnent une image dévastatrice de la situation à laquelle les troupes ont été confrontée, année après année. Au moment de leur départ, 104 soldats britanniques, soit près d’un tiers des 337 soldats britanniques tués en Afghanistan, étaient morts dans et aux alentours de cette petite ville.
Sous le titre, « Sangin : nous quittons enfin l’enfer », le Daily Express a de plus remarqué que durant les quatre premières années et demi de l’invasion de l’Afghanistan en 2001, 5 soldats britanniques avaient été tués. La vaste majorité des soldats sont morts tout au début de 2006 et depuis le redéploiement des troupes britanniques au Helmand. En avril, un article publié dans le Times de Londres rapportait que plus de 10 pour cent des victimes quotidiennes subies par les forces d’occupation l’avait été par le groupe du 3e bataillon « The Rifles » à Sangin et ce en dépit du fait que le groupe ne représente que 0,8 pour cent de l’ensemble des forces de l’OTAN présentes en Afghanistan.
L’armée britannique a même subi une attaque au moment précis où la cérémonie de transfert d’autorité avait lieu, et le Daily Mail de rapporter « de violents combats...à 800 mètres à peine de la base principale au centre du district. »
Comme on pouvait s’y attendre, les politiciens et les médias n’ont rien à dire sur les milliers d’Afghans qui ont été tués ou blessés. Au lieu de cela, le premier ministre David Cameron, s’est donné beaucoup de mal pour souligner que « Les soldats qui ont perdu la vie à Sangin ne sont pas morts en vain. »
De telles déclarations ne font que montrer que derrière son discours de soutien à « nos gars », l’élite dirigeante n’éprouve rien que du mépris pour ceux qu’elle a envoyés mourir en Afghanistan. Cameron croit que leur mort est le prix à payer mais il est incapable de dire la vérité sur les raisons de cela.
L’invasion en Afghanistan a été vendue aux populations britannique et américaine sur la base d’un tissu de mensonges. Présentée comme faisant partie de la guerre « contre le terrorisme » après les attentats du 11 Septembre, elle était censée éliminer le régime qui abritait Oussama ben Laden et qui fournissait la principale base aux opérations d’Al Qaïda. Les responsables américains de l’armée et du service de renseignement ont par la suite reconnu qu’il existait en tout moins de cent membres d’Al Qaïda en Afghanistan. L’occupation était ensuite supposée apporter la démocratie en renversant les Talibans. Au lieu de cela elle a fini par installer le régime fantoche haï d’Hamid Karzai qui est défendu par l’armée américaine et qui supervise des conditions de vie indescriptibles pour la masse de la population.
En réalité, l’occupation de l’Afghanistan a été entreprise sur la base d’objectifs géostratégiques prédateurs de la part de Washington et de Londres et avait été prévue avant que la destruction des tours jumelles n’en fournisse le prétexte nécessaire. Pour les Etats-Unis, les enjeux, comme ce fut le cas avec la guerre contre l’Irak qui s’ensuivit, étaient d’établir leur contrôle sur l’ensemble de la région « eurasienne » et avant tout sur la majorité des réserves pétrolières et gazières situées au Moyen Orient et en Asie centrale. La Grande-Bretagne escomptait à la fois sauvegarder une part du butin, tout en marchandant son alliance politique et militaire pour faire valoir ses propres intérêts à l’échelle mondiale, et compenser le défi de ses rivaux européens, l’Allemagne et la France.
Par deux fois à présent, le prix à payer pour cet état de fait a imposé à la Grande-Bretagne une retraite militaire humiliante, d’abord dans la ville de Basra au Sud de l’Irak et maintenant à Sangin. Le journal Independent a reconnu la semaine passée, « Les Britanniques auraient pu, théoriquement, se passer plus tôt de Sangin et des pertes qui s’en sont suivies. Mais là, un chapitre sensible des relations anglo-américaines est entré en jeu. Il ne fait pas de doute que des responsables militaires de haut rang de l’armée américaine étaient très critiques quant à la manière dont l’armée britannique s’est comportée vers la fin de son déploiement en Irak... et puis en se retirant en bloc lorsque Washington demandait qu’elle continue de rester. »
Le retrait britannique, malgré les affirmations officielles du contraire, a occasionné de l’amertume et des récriminations de la part de l’armée américaine. Finalement, ceci signifie simplement que le labeur de la Grande-Bretagne est également un échec politique pour Washington. La Grande-Bretagne a été la seule force à maintenir un semblant de rôle militaire indépendant dans l’occupation. L’abandon de cette attitude signifie qu’aujourd’hui et plus que jamais, il s’agit d’une guerre des Etats-Unis.
De plus, les affirmations que le contrôle exercé par les Etats-Unis sur Sangin résultera dans un renforcement du contrôle en général de la région sont sans fondement. En décrivant l’énorme opposition populaire qui attend les Etats-Unis, le Daily Telegraph a sombrement prédit, « Le transfert de Sangin : seules changeront les nationalités inscrites sur les tombes. »
Les Etats-Unis sont confrontés à une situation militaire et sécuritaire s’aggravant partout en Afghanistan et à une opposition à la guerre dans le pays qui ne cesse de s’intensifier. C’est dans une telle situation que le gouvernement Obama avait annoncé l’envoi en Afghanistan en décembre dernier d’un renfort de 30.000 hommes, dans une tentative de noyer la résistance dans le sang. Mais malgré cela, les Etats-Unis n’ont pas pu venir à bout de la résistance de masse. Avec la mort de neuf soldats américains le 21 septembre dans un crash d’hélicoptère dans la province de Zaboul, dans le Sud de l’Afghanistan, l’année 2010 est devenue la plus meurtrière pour les forces de l’OTAN depuis l’invasion en 2001. Au moins 529 soldats de l’OTAN ont été tués jusque-là cette année.
Entre-temps, des sections de l’armée américaine expriment plus ouvertement leur opposition à un « calendrier de retrait » des troupes dès juillet 2011 et qui est le principal objectif du président Obama.
Selon un article paru dans le Wall Street Journal le 21 septembre, des officiers gradés « cherchent à faire baisser les espoirs d’un progrès rapide en Afghanistan » et prévoient « peu de gains significatifs dans la guerre avant la fin de l’année. » Le Journal poursuit que plutôt que de retirer des « bataillons ou des régiments entiers », la baisse se consacrera à un « amincissement » des troupes des lignes de front et le retour à la maison de petites unités militaires.
L’occupation afghane est une sale aventure fondée sur l’oppression brutale d’une nation appauvrie de moins de 30 millions de personnes. Indépendamment de l’attitude de tel ou tel soldat, qu’elle soit héroïque ou vile, les élites militaires et politiques sont coupables d’un crime indicible. La population laborieuse dans le monde entier doit exiger la fin de la guerre et le retrait immédiat de l’ensemble des troupes américaines, britanniques et étrangères. Ceux qui ont planifié et exécuté cette guerre de pillage doivent comparaître devant un tribunal pour crimes de guerre et la cour de l’opinion publique internationale.

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2 octobre 2010 - World Socialist Web Site - Vous pouvez consulter cet article à :
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