mardi 16 juin 2009

les organisations de la Résistance Irakienne mandatent Cheikh Hareeth Al Dhari...


Des organisations de la Résistance irakienne mandatent le Cheikh Hareeth Al-Dhari pour parler et négocier en leur nom !



Hussein Al-Mouadhidi

01-06-2009



Ce grand navire qu'est l'Irak ressemble aujourd'hui à l'arche de Noé. Il a besoin d'un homme à la sagesse de Noé pour le conduire à bon port. Ceci exige de tous qu'ils abandonnent leurs différents et leurs litiges et que tous ensemble, c'est-à-dire toutes les composantes de la résistance mettent un terme à ce qui les désunit, baissent le plafond de leurs exigences, dès lors que leur objectif à tous est le même, c'est-à-dire défendre l'islam et libérer l'Irak.

Il n'y a aucun doute que la présence d'une personnalité politique représentative de toutes les composantes de la résistance va accélérer le processus de libération, donner plus de crédit à la résistance et faciliter sa promotion et son acceptation dans les instances arabe, musulmane et internationale, ce dont elle a un grand besoin, surtout actuellement.

Certaines organisations résistantes et combattantes ont fini donc par régler leurs problèmes internes et aplanir leurs différents, dépasser leurs litiges et s'engager dans une action unitaire qui n'exclura que ceux qui ont donné la preuve de leur inféodation ou de leurs contacts avec l'occupant ou ses représentants de la zone verte. Tous ceux qui se sont opposés à l'occupant les armes à la main feront partie de cette nouvelle organisation. Mais il faudrait bien admettre que les meilleurs guerriers ne feront pas forcément les meilleurs dirigeants politiques du pays et qu'il n'est pas nécessaire que ces derniers aient porté les armes et lutté contre l'occupant.

C'est sans doute pour ces raisons que ces organisations de la résistance aient choisi de confier cette mission à un homme qui a souvent donné la preuve de sa compétence et de ses grandes capacités à diriger, de son sens inné de la responsabilité et de la raison d'Etat et qui a agi, en toute circonstance, en fonction des intérêts de la nation et non pas d'une organisation ou d'une confession.

Il est incontestable que l'une des raisons qui ont permis à l'occupation de perdurer, c'est l'absence d'une instance politique en mesure de parler au nom de l'ensemble des organisations de la résistance armée. Cette situation doit cesser pour ôter toute excuse à tous ceux qui hésitent à soutenir la résistance ou la critiquent pour l'absence d'un projet unitaire.

Cela semble acquis avec la décision d'un certain nombre d'organisations résistantes de charger le Cheikh Al-Dhari de la mission de "parler en leur nom dans toutes les instantes internationales, de négocier et de défendre le sang pur des martyrs qui a abondamment irrigué la terre irakienne, les lions indomptables qui ont été faits prisonniers, l'honneur bafoué et les biens spoliés", selon les termes du communiqué.



Texte du communiqué



Louange à Allah; A Lui nous rendons Grâce; Nos prières et nos salutations sur Son Prophète Mohammed, Sa famille bénie et tous ses compagnons!



Il est du devoir des nobles irakiens de savoir que nous ne sommes opposés à l'ennemi les armes à la main que pour accomplir le devoir sacré de repousser les conquérants et que nous n'avons cherché ni les honneurs ni des intérêts personnels.

Ce faisant, nous savions pertinemment que la voie que nous avions choisie était semée d'embûches et pleine de difficultés parce qu'elle est la voie menant au paradis éternel, en compagnie des Prophètes, des Justes, des martyrs et des Saints. Le prix à payer pour y parvenir est forcément élevé et exige au minimum l'abandon de toutes les ambitions personnelles liées à la vie sur cette terre.

Après ces longues années difficiles et les dures épreuves subies par le vaillant peuple irakien et qui donnent la juste mesure de la volonté de ses hommes, de leur foi, de leur ténacité et de leur combattivité,

Après aussi les multiples victoires portées sur l'ennemi et qui l'ont acculé à subir une cuisante défaite,

Après les multiples sacrifices des hommes qui ont choisi la mort pour que vive leur peuple alors que les hypocrites se délectent des avantages de l'occupation,

Nous voici donc déterminés, avec notre foi inébranlable en Dieu, à accomplir avec Son aide, une action que nous croyons servir notre cause et celle de notre peuple, dans ce monde et dans l'Au- de-là:



Nous:

Le Front du Jihad et du Changement en Irak,

Les Ligues irakiennes du Jihad

L'Armée des Moudjahidines- Mourabitines

L'Armée de l'Imam Ahmed Ibnou Hanbel



1) Déclarons notre confiance dans Cheikh Hareth Al- Dhari, Secrétaire général de l'association des Oulémas musulmans en Irak, pour avoir connu sa combattivité, sa pugnacité, sa fidélité aux principes, son soutien illimité au Jihad et à la résistance, malgré toutes les pressions qu'il a subies et continue à subir.

Nous le considérons comme le gardien fidèle des principes et des choix fondamentaux du Jihad et de la résistance irakienne et l'homme courageux aux positions justes et indéfectibles qu'il n'abandonne pas même au prix de sa vie.



2) Nous mandatons le Cheikh Al-Dhari pour parler en notre nom et négocier en notre lieu et place dans les affaires politiques nous concernant et de nous représenter dans toutes les instantes internationales, de négocier et de défendre le sang pur des martyrs qui a abondamment irrigué la terre irakienne, les lions indomptables qui ont été faits prisonniers, l'honneur bafoué et les biens spoliés.



3) Nous chargeons noble Cheikh, d'une très haute mission qui s'ajoutera au poids de ses autres responsabilités, convaincus qu'il est capable de l'assumer parce que la mission sacrée du Jihad ne peut être confiée qu'à ceux qui en sont dignes.

Convaincus d'autre part que vous accepteriez ce mandat, noble Cheikh, nous vous promettons, en ce qui nous concerne, de demeurer en permanence fidèles à notre engagement.

Nous implorons le Tout Puissant, de vous venir en aide pour servir Sa religion et vous soutenir dans votre quête de la vérité en espérant que tous les Irakiens fidèles à leur patrie s'entendent sur un projet de libération du pays de la malfaisance des infidèles, des hypocrites et des prétentieux et pour que l'Irak redevienne libre au sein de l'oumma arabe et musulmane, digne et fier et serve d'asile à tous ceux qui réclament sa protection.

Allahou Akbar. Il est notre maître et les infidèles n'ont point de maître!



1) Le Front du Jihad et du Changement en Irak, composé de: Les Phalanges de la Révolution de 1920, L 'Armée des Rachidines, l'armée des musulmans en Irak, le mouvement islamique des moudjahidines en Irak, les compagnies de l'armée d'Arrahmane, les compagnies de Addawa et d'Arribat, lezs compagnies de Tamkine, les compagnies de Mohamed Al Fateh, l'armée des Attabiines, l'armée du Jihad.

2) Les Ligues irakiennes du Jihad

3) L'Armée des Moudjahidines- Mourabitines

4) L'Armée de l'Imam Ahmed Ibnou Hanbel



8 Joumada Atthania 1430

1 Juin 2009.



Traduit de l'arabe par Ahmed Manai



Le texte de la réponse du Cheikh Al-Dhari et sa biographie suivront!



http://iraqrabita.org/index.php?do=article§id=1978/

http://rsistancedespeuples.blogspot.com/

http://www.tunisitri.net/

jeudi 4 juin 2009

le bilan amer des pertes réelles américaines en Irak


Le bilan amer des pertes réelles américaines en Irak


Khaled Al-Maîni1


4 mai 2009-06-04


Le volume des pertes matérielles et humaines des troupes d'occupation américaines en Irak a déstabilisé l'économie, principal facteur de la puissance US et de son hégémonie mondiale.Actuellement les responsables se sont résignés à retirer leurs troupes, au constat des pertes justement, mais une grande interrogation demeure quant à leurs chiffres réels.En effet, nous avons, d'une part, des chiffres de tués et de blessés relativement bas, communiqués par le Pentagone et, d'autre part, des chiffres nettement plus élevés retenus par de nombreuses sources américaines indépendantes ou neutres qui se sont inquiétées très tôt du taux élevé de ces pertes.Dans ce papier qui vise à cerner la situation des pertes réelles américaines, nous allons procéder d'une façon méthodique, selon des critères objectifs et sur la base de rapports émanant de sources américaines fiables ainsi que des procédures de publication des communiqués officiels par les divers services militaires, pour convenir d'une équation permettant de déterminer le volume réel des pertes. Nous tiendrons compte de la différenciation des pertes, humaines et matérielles, et leur ventilation en pertes tangibles et non tangibles, ces dernières désignant des facteurs psychologiques et sociologiques tels que l'atteinte au moral, au prestige et à la position du pays .La désinformation de l'opinion américaine:Depuis la guerre du Vietnam, les services d'information militaires américains ont pris l'habitude de minimiser les pertes de leurs troupes au combat.

Au début il s'agissait tout juste de quelques milliers de morts, mais avec le temps elles se sont avérées des dizaines de milliers (plus de trente mille), ce qui a conduit à la chute du Président Johnson à l'époque.En Irak, avec le déclenchement de la résistance et la recrudescence de ses attaques, l'Etat Major des troupes d'occupation a essayé de minimiser ces attaques et d'occulter les chiffres de leurs pertes, pour éviter, soi- disant, de conforter l'ennemi et de lui donner l'impression qu'il marquait des succès.L'administration américaine a déployé des efforts impressionnants pour truquer les chiffres des pertes, considérés comme des armes de guerre, et abuser son opinion. Elle a ainsi opéré à deux niveaux.Le premier niveau correspond aux chiffres auxquels on peut accéder facilement sur les sites officiels du gouvernement. Ce sont les chiffres publics et officiels.Le second niveau correspond à ce qui est occulté et auquel on ne peut accéder qu'à travers une loi relative à la liberté d'accès à l'information, appelée loi FOIA*. Ce niveau renferme des informations sur les pertes réelles, humaines et matérielles dont la publication comporte des risques politiques et économiques importants.L'administration américaine a usé de divers moyens pour contrôler son opinion publique américaine notamment à travers "l'orientation de l'ensemble de l'arsenal médiatique" du monde à sa disposition, des contraintes et des pressions exercées sur le reste des moyens d'information nationaux et internationaux.La longue durée du conflit, la croissance du nombre des morts, des blessés et des suicidés et la montée en flèche du coût économique et financier de la guerre ont conduit de nombreux chercheurs et des commissions indépendantes à faire la vérité sur les pertes réelles américaines, loin de toute politisation, de l'occultation et du camouflage du Pentagone.L'administration s'entête à propager les chiffres du Pentagone selon lesquels il n'y aurait eu que quelques quatre mille et quelques centaines de tués, alors que tout le monde sait que ce chiffre ne tient pas compte des morts des "entreprises de mercenaires", en service dans les troupes américaines dans le cadre de la privatisation de la guerre.

Ces mercenaires s'occupent d'une large palette d'actions allant de la maintenance des systèmes d'armement, aux opérations militaires, à la garde rapprochée des diplomates américains. Leur effectif dépasserait les 160.000 membres.Le chiffre officiel des tués ne comprend pas non plus celui des soldats contractuels engagés dans le dessein d'obtenir la nationalité américaine, ni ceux des entreprises asiatiques et notamment indiennes qui s'occupent des services de cuisine, de nettoyage et de manutention…


Le critère du nombre de blessés et d'attaques:


Nous avons utilisé plusieurs critères pour affiner notre recherche et parvenir à plus de précision sur les pertes réelles et nous avons fait de nombreux recoupements.Les armées traditionnelles utilisent des formules multiples pour parvenir à obtenir le nombre de tués par rapport à celui des blessés en se basant entre autres sur la durée du conflit, la nature de la guerre et le niveau du développement des moyens d'évacuation des blessés.La guerre en Irak appartient à ce qu'on appelle une guerre asymétrique, c'est-à-dire une guerre de libération ou de partisans. Pour déterminer le rapport des tués aux blessés, nous avons tenu compte et fondé notre recherche sur les rapports officiels de l'armée américaine donnant le nombre des tués et des blessés depuis 2003 et jusqu'à la fin de 2008.Le nombre des blessés enregistrés auprès du ministère des anciens combattants pour les motifs les plus divers (couverture sociale, demande de soins et d'indemnités…) est de 224.000. Sur la base de un tué pour sept blessés, le nombre de tués serait de 32.000.

Ce chiffre est confirmé par de nombreuses sources fiables et de commissions américaines indépendantes.En tête de ces commissions, il y a la Commission Baker-Hamilton, désignée par le Congrès, qui a été aidée par 183 experts civils et militaires et qui a produit un premier rapport, reconnaissant pour la première fois que "le nombre d'attaques au mois d'octobre 2006, a atteint le chiffre de 180 par jour et celui des tués 102".Un autre rapport américain qui n'est pas moins important donne une idée sur les pertes réelles américaines. Il émane du GAO (Government Accountability Office) en date du 23 juillet 2008 et qui donne pour la première fois le nombre d'attaques exécutées par la résistance irakienne: 164.000 attaques considérées comme importantes et violentes, ce chiffre ne comprenant pas les attaques effectuées au sud et à l'est du pays.Ainsi, en ajoutant les 300 militaires tués lors des premières semaines de l'invasion américaine et jusqu'au mois d'avril 2003, les 1315 tués des entreprises de mercenaires, le nombre total des tués américains en Irak serait de 33.615, et ce jusqu'à la fin de 2008.On ne dispose pas par contre d'informations fiables sur le nombre de tués dans "les missions hors combat", les suicidés ou les blessés morts dans les hôpitaux allemands ou lors de leur évacuation, et qui traditionnellement ne sont pas comptés dans les morts officiels.Les pertes matériellesLe coût matériel, financier et économique de la guerre en Irak n'est pas moins important. Il est même plus important dans le cas des USA, compte- tenu des conditions de son financement.En 2003, le coût était estimé à 4,4 Milliards $. En 2008, il monte 12 Milliards $.Selon des sources américaines, notamment la commission économique conjointe du Congrès américain, l'étude Joseph Stiglitz, lauréat 2001 du prix Nobel d’Economie, professeur d’économie à l’Université de Columbia et co-auteur, avec Linda Bilmes, de The Three Trillion Dollar War : The True Costs of the Iraq Conflict. Effectué sur la base de documents officiels et avec le concours de l'organisation des anciens combattants. C'est une guerre à 3000 milliards $.Ce coût comprend les opérations, y compris les salaires du personnel militaire et des mercenaires, plus le coût du matériel, équipements et armements (blindés, chars, hélicoptères, avions) dont la moitié est devenue obsolète et le restant nécessitant des réparations et des remises en état pendant cinq ans comme le signale le rapport Baker-Hamilton- dans sa recommandation 48.Ce coût comprend aussi les dépenses engagées pour la couverture sociale et médicale des militaires blessés ainsi que des intérêts des emprunts faits pour le financement de la guerre, hors budget officiel.


En résumé:


Nombre de tués de 2003 à 2008: 33.615

Nombre de blessés de 2003 à 2008: 224.000

Nombre d'attaques de la résistance irakienne de 2003 à 2008: 164.000, non comprises celles effectuées dans l'Est et le Sud du pays.

Coût financier 3Trillions $


Je ne prétends pas être parvenu à des résultats d'une précision absolue mais ces résultats proviennent de sources exclusivement américaines.Je n'ai pas mentionné les pertes immatérielles en rapport avec l'effondrement du moral des troupes, la montée du niveau de haine contre les USA dans le monde, de son discrédit et celui de son discours sur la démocratie, son influence et sa place dans le monde…en plus de la montée du chômage, de l'endettement.Il est attendu que juste après la fin de la guerre ou peut-être après le retrait des troupes américaines des villes, on ait un bilan officiel de cette guerre.*Le Freedom of Information Act (FOIA) est une loi américaine signée le 4 juillet 1966 par le président Lyndon B. Johnson, et entrée en application l'année suivante. Fondée sur le principe de la liberté d'information, elle oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande, quelle que soit sa nationalité [1].Contexte du vote de la loi et dispositionsLe FOIA a été voté dans le contexte de la guerre du Vietnam, l'opinion publique exigeant un accès plus aisé aux documents de l'administration américaine. Toutefois, cette liberté d'accès est restreinte par neuf exemptions, pour raison de sécurité nationale, de secret défense, de politique étrangère, de secrets de fabrication, de respect du secret médical et de la vie privée, ainsi que les informations géologiques et géophysiques (y compris les cartes) concernant les puits.


Traduit de l'arabe par Ahmed Manai




vendredi 15 mai 2009

organisations évangélistes en Irak sous couvert d'action humanitaire



Plus d'une centaine d'organisations évangélistes agissent en Irak sous couvert d'action humanitaire !

En ordre de bataille bien avant l'invasion !

L'Irak est un véritable défi pour les Evangélistes. L'un de leurs dirigeants a déclaré lors d'un congrès organisé à Phoenix (Arizona):
" Notre organisation, le Congrès Baptiste du Sud, a l'opportunité de changer l'histoire de l'Irak". Quant aux zones et aux populations où ils comptent opérer ces transformations, elles sont, selon les propos de cet évangéliste, rapportés par la chaîne " International Mission Board", "les Kurdes du nord, les Turkmènes de Mossoul et Kirkuk, les Sunnites de Takrit, les Chiites de Karbala et du Najaf".
Le magazine américain Time a rapporté les propos de Ritch Heini, de l'organisation évangéliste Dawn qui déclare:" le mouvement évangéliste n'a jamais eu une aussi meilleure occasion depuis une décennie que celle dont il dispose en Irak et nous pouvons dire que cette guerre est du pain béni pour les évangélistes".

L'amour du Seigneur :

Tout ce dont a besoin n'importe quel évangéliste c'est d'un passeport américain. Le journaliste britannique, David Reni, écrit à ce propos:" les évangélistes américains travaillent d'une manière secrète et organisée sous couvert d'aide et de secours humanitaire". Et d'ajouter "ces organisations évangélistes ont ramené en Irak des évangiles et des films vidéo traduits en arabe, pour protéger les musulmans contre leur mauvaise religion, prétendent-ils ".
Le directeur des secours d'urgence au congrès général des Baptistes du sud à Oklahoma, Samy Porter, ajoute pour sa part, "que son organisation accomplit des actions de secours humanitaire en Irak, mais que c'est aussi l'occasion de propager l'amour du Seigneur".

Secours ou évangélisation ?

Selon de nombreux rapports, il y aurait plus d'une centaine d'organisations évangélistes agissant en Irak. Les plus importantes seraient:
1° Organisation des missions internationales, bras missionnaire des Baptistes du sud, la plus grande église protestante des Etats-Unis.
2° Le Conseil du Moyen Orient et d'Afrique du Nord
3° Un groupe d'Evangélistes Baptistes du sud de l'Etat de Caroline du nord.
4° Organisation d'aide américaine
5° Organisation "Christian Charity World Nation International
6° Organisation société internationale pour l'Evangile
7° Organisation pour la formation de toute une nation, "DAWN"
8° Samaritain
9° Les missionnaires protestants
10° Le prédicateur protestant John Hanna de l'Etat de l'Ohio
11° La missionnaire Jacqy Kone
12° Globalmissionunit,

Toutes ces organisations évangélistes sont chapeautées par une agence de coordination dénommée IRCO et destinée à venir en aide à l'Irak.
Ces organisations entrent dans le pays sous couvert de l'aide humanitaire. Les responsables américains reconnaissent cependant que les évangélistes sont bien présents dans le pays mais qu'ils apportent une aide humanitaire appréciée par la population et ne s'adonnent pas au prosélytisme religieux.
Un responsable a reconnu au Time qu'étant donné les rapports entre le président Bush et la droite protestante évangéliste et sioniste qui le soutient sans réserve, la Maison Blanche ne peut les empêcher de partir en Irak.

Ce que proposent ces organisations aux irakiens :

L'aide alimentaire est le premier prétexte invoqué par les Evangélistes pour venir et agir en Irak. Ainsi, John Walker, un grand évangéliste installé dans le pays déclare "avoir ramené avec lui 45.000 caisses de produits alimentaires et avoir rencontré des enfants qui mouraient de faim mais qui avaient besoin surtout de connaître l'amour et Jésus".
Ces organisations procèdent à des distributions gratuites de médicaments et de soins, prennent en charge des opérations chirurgicales et vont jusqu'à envoyer des malades à l'étranger dans des cas extrêmes.

Le contact avec les intellectuels et les milieux culturels n'a pas été négligé. Leur objectif est de former une génération de jeunes réceptifs à leur propagande. Ainsi, elles ont consacré des dizaines de millions de $ pour la construction d'écoles, la constitution d'organisations culturelles et la distribution du matériel de propagande religieuse aux familles irakiennes: livres, publications, films vidéo et surtout le film Jésus, grande production mondiale, dans le but d'inculquer aux enfants leur version de la vie et de l'œuvre du Prophète Jésus. Ce film a été traduit en 70 langues et plus de 200 dialectes locaux. En Irak, il est distribué dans une version d'arabe irakien.

Il est à noter que plus de 100.000 exemplaires de la Bible ont été introduits en Irak par Irbil et ont été distribués à un prix dérisoire, (1000 Dinars Irakiens l'exemplaire soit à peine 50 Cents au taux de change officiel), alors que l'exemplaire du Coran, de qualité d'impression moindre, coûte 50.000 Dinars, soit 40 $).
Cette situation a conduit des responsables religieux sunnites irakiens à demander aux pays musulmans d'envoyer des exemplaires du Coran aux mosquées du pays.

Les enfants et les jeunes sont l'objet de toutes les attentions. Ils ont droit à des livres illustrés, des contes et des dessins.
Les organisations Evangélistes ont ouvert en Irak de nombreuses stations de Radio et de télévision dans le but de déstabiliser les musulmans dans leurs convictions et leur foi. Nous pouvons citer La Voix de l'Amour, Radio Sawa, la chaîne Al Hurra en Irak et son équivalent américain, la chaîne télévisée Assyrienne Ishtar.

Le soutien des Nations Unies

L'ancien Secrétaire Général des Nations Unies, Koffi Annan n'a pas manqué d'exprimer "son respect pour le rôle des Eglises qui aident l'Irak". Ils s'en est suivi que ces Eglises ont été fortement soutenues par l'organisation internationale, notamment au nord du pays.
C'est d'ailleurs dans la région du Kurdistan que l'action des Evangélistes est la plus dangereuse. L'organisation évangéliste internationale Global Mission a publié un rapport comportant une liste des organisations et des agences évangélistes au nord de l'Irak et à leur tête l'Organisation du livre Saint. Cette dernière dispose d'un bureau à Irbil et fait imprimer ses publications à l'imprimerie de la culture appartenant au ministère de la culture irakien.

L'Organisation du développement des services au Moyen Orient, britannique, a son quartier général au Caire et dispose de trois bureaux en Irak: Irbil, Dahouk et Souleymania. Son personnel, venant du Caire, travaille sous la direction du Docteur Alexandre Russel, un britannique qui enseigne l'anglais à la faculté de lettres de l'université de Saladin à Irbil.
L'organisation américaine " Source de Vie" qui a son siège à Chaklaoua, ville proche d'Irbil, est soutenue directement et massivement par l'Office d'aide des catastrophes naturelles à l'étranger (Ofda) dépendant du State Department. Elle est active dans le forage des puits et la distribution d'eau potable.
L'"Organisation internationale des caravanes médicales "qui a son siège principal à Portland (USA), a accompagné les troupes américaines lors de la guerre du golfe et travaille sous le patronage du bureau de coordination militaire. Elle dispose de 4 bureaux à Souleymania, Irbil, Zakho et Dahouk.

La deuxième organisation OFDA travaille avec le soutien direct de l'organisation britannique "les ressources". Son travail consiste dans l'enseignement des techniques informatiques et de l'anglais. Elle dispose de nombreuses annexes et d'un bureau central à Chaklaoua.

L'organisation Caritas est un intervenant important en Irak. Le numéro 46 du bulletin des "missions catholiques", paraissant au Caire, a rapporté que "l'organisation a préparé une grande quantité d'aide alimentaire répondant aux besoins d'un demi million d'irakiens et ce en coopération avec ses agences de Syrie, Turquie, Liban et Al Quds".
Les bureaux de Caritas en Irak ne sont pas tous connus, mais son responsable au Caire a déclaré que "cette organisation travaille en Irak depuis plus de vingt ans et que le volume de ses interventions a doublé après la guerre du golfe, surtout dans le nord qui constitue une terre fertile pour l'action missionnaire des églises de toutes obédiences" soutenues par le Vatican". Cette organisation convertit des dizaines de musulmans kurdes au christianisme en les intégrant dans des cycles de formation. Les meilleurs d'entre eux sont envoyés par la suite au Vatican et recrutés comme futurs prêtres avec des salaires alléchants de 600$.
Le Centre d'information Watan a indiqué qu'il existe actuellement des centres spéciaux pour la gestion de tels cycles de formation répartis comme suit:
Dahok: le responsable de ce centre, Youssef, est un chrétien de la région de Samil à 8km de de Dahok.
Aîn Kaoua(Irbil):le responsable de ce centre est un chrétien de nationalité italienne répondant au nom de Farid et résidant à Irbil.
Mahallat Achti (Souleymania), dirigé par Khadem Al Baghdadi, musulman converti au christianisme depuis quelques années, de nationalité canadienne et qui a une grande librairie à la rue Birrat Mirda.

Ces activités de conversion ont été dénoncées par l'Union musulmane kurde qui avait protesté auprès de Messaoud Al Barazani, chef du gouvernement du Kurdistan.
Mais ce ne sont là que les activités publiques, menées au grand jour. Dans les faits, les choses les plus graves se passent dans le secret absolu. Ainsi de nombreux enfants irakiens ayant perdu leurs parents dans les confrontations armées, comme à Fallouja et ailleurs, ont été enlevés par les troupes américaines et livrés aux organisations évangélistes. Quand il est arrivé que certains de leurs proches les aient réclamés, on leur a répondu qu'ils étaient morts avec leurs parents et enterrés. Il s'est passé la même chose avec des enfants placés dans des orphelinats surtout quand ils sont enfants naturels. Le cas le plus connu est celui du centre d'accueil pour orphelins, Dar Al Hanane, situé au centre de Bagdad, face à la mosquée Bratha. Ce centre, dont les enfants ont été abusés par les miliciens de Badr et de l'armée du Mahdi, a fait l'objet d'un scandale révélé par les agences de presse internationales. Selon la chaîne CBS, certains de ces enfants ont été transférés aux Usa, pour y trouver les soins dont ils avaient besoin…et aussi l'amour du Christ!

Traduit de l'arabe par Ahmed Manai

Source: http://iraqirabita.org/index.php?do=article§id=§18687/

samedi 9 mai 2009

Heurs et malheurs de la communauté scientifique irakienne


Heurs et malheurs de la communauté scientifique irakienne

Pourquoi celui qui détient un savoir le garderait-il pour lui-même? Telle est la question posée par un adage Sumérien vieux de cinq mille ans. Pourquoi ? Devrons-nous dire « qu’il vaudrait mieux éviter de parler aux autres de ce qui nous fâche », comme le suggère un autre adage, lui aussi Sumérien ?
Mais que faire quand ce qui nous fâche ou nous attriste est en même temps ce qui fait notre joie ? Les échos qui nous viennent de la communauté scientifique irakienne fendent le cœur en deux et à chacun de prendre sa part, « la sagesse ou la folie » comme le dit Louis Aragon.
Au début de ce mois, il s’est passé un évènement à la fois heureux et malheureux. Un communiqué officiel irakien, publié à Bagdad, a annoncé la tenue d’une réunion des ministres de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, du Pétrole, des Sciences et de la Technologie pour discuter de l’intégration de « l’Académie irakienne des sciences » structure fantoche créée à Londres en 2003, à la véritable Académie Nationale Irakienne des Sciences, fondée à Bagdad en 1947. Le communiqué précise qu’une proposition a été faite au Premier ministre pour faire de cette organisation fantoche une des structures de l’Académie Nationale Irakienne des Sciences.
Cette décision signifierait-telle que certains scientifiques irakiens, que l’occupation a fait perdre l’esprit en osant créer une structure destinée à remplacer l’Académie Nationale des Sciences, ont repris conscience ?
J’avais écrit à l’époque des faits que cette initiative incitait à rire deux fois, comme le suggère l’anecdote du sourd qui rigole « une première fois du rire des autres et la seconde fois quand on lui explique l’anecdote ». Dans notre cas, rire une première fois c’est quand ces gens décident de créer cette organisation fantoche à Londres, capitale du pays qui a bafoué le droit international et occupé l’Irak, et la seconde fois quand les auteurs de cette imposture envisagent la dissolution de la première Académie des Sciences du Moyen-Orient, fondée, rappelons-le, en 1947. Le jour où j’ai écrit cela, le président de cette Académie londonienne, actuel ministre irakien du pétrole, avait protesté énergiquement. Aujourd’hui, il appartiendrait à l’Académie nationale irakienne des sciences de rire en dernier, si, comme le dit si bien Victor Hugo « la souffrance ayant dépassé les limites du tolérable », les hommes « n’étaient gagnés par l’indifférence et transformés en véritables ombres d’eux-mêmes ».
Et comment la communauté scientifique irakienne ne serait pas indifférente à cette décision alors que le nombre de ses morts a dépassé, la semaine dernière, les quatre cents dix huit membres et celui de ses enlevés et disparus les soixante quinze membres. La dernière victime étant une professeure de droit à l’université de Mossoul, que les médias, comme à leur accoutumée pour la plupart des femmes scientifiques assassinées, n’ont pas daigné retenir le nom.
Un communiqué récent a annoncé la disparition de Smaïl Khalil Takriti, physicien atomiste qui résidait en Lybie et s’était retourné en Irak quand le gouvernement l’avait proposé pour présider l’Université de Takrit.
Le BRussels Tribunal, organisation européenne siégeant à Bruxelles et qui coopère avec l’Alliance des Universitaires Irakiens à Bagdad dans le suivi de la situation des disparus et des morts de la communauté scientifique irakienne, a publié un communiqué indiquant que « Takriti a quitté sa maison à Jadria, aux alentours de Bagdad, dans une zone sous l’autorité de la milice Badr de Abdel Aziz Al Hakim, et qu’on n’a plus trace de lui depuis quatre mois ».
Dans de telles conditions, comment ne pas féliciter les organisateurs de cette cérémonie, tenue non pas à Bagdad mais à Washington, destinée à honorer un certain nombre de scientifiques irakiens, organisée sous les auspices du bureau culturel de l’ambassade irakienne et en collaboration avec l’organisation « les académiciennes des sciences nationales ».
On a noté la participation des « scientifiques fondateurs », nom donné aux académiciens qui s’étaient dressés contre l’occupation américaine de l’Irak, dont Zeineb Al Bahrani, titulaire de la chaire d’histoire, d’archéologie et des études supérieures à l’université Columbia et qui avait lancé en son temps une campagne médiatique contre la destruction des sites archéologiques irakiens par les troupes d’occupation.
Il y avait aussi son collègue Kaïs Al Awkati, titulaire de la chaire de médecine à la même université, réputé pour ses travaux sur les cellules souches utilisées dans la régénération des organes et tissus humains. Al Awkati a fait ses études à l’université de Bagdad et a publié de nombreux travaux sur les effets néfastes du boycott de l’Irak sur la santé de la population.
La plupart des scientifiques honorés à cette cérémonie sont des anciens de la faculté de médecine de Bagdad, dont Salah Al Askari qui détient le record du monde du nombre d’opérations d’implantation des reins. Sa première implantation, faite en 1967 à une femme, tient toujours au bout de quarante et un ans et son ancienne patiente est plusieurs fois mère et grand-mère. C’est une des rares implantations au monde qui a tenu aussi longtemps.
Al Askari a occupé nombre d’importants postes académiques aux USA. Ainsi, il a été élu en 1997 président du conseil scientifique de l’université de New York. Il y occupa aussi la présidence de la commission du développement durant trente ans. Actuellement, il est âgé de quatre vingt deux ans et utilise le langage des footballeurs pour conseiller à ses confrères irakiens « de travailler fort et viser le plus haut avec la conviction d’être l’un des meilleurs ».
Je profite de cette occasion pour transmettre aux nouvelles générations irakiennes les conseils de quarante scientifiques parmi leurs compatriotes. J’apprécie beaucoup le conseil quelque peu égoïste de Mia Aref Kaftane qui a fêté l’année dernière son quatre vingtième anniversaire et qui dit en substance « la meilleure récompense de la recherche est le bonheur personnel et la satisfaction du travail bien accompli », auquel on peut opposer celui de Samir Kasir, teinté de patriotisme : « soyez fidèles à vous-mêmes et à l’Irak et travaillez fort pour votre pays et uniquement pour lui. Retournez –y avec vos rêves et dans la paix ». Kasir, l’agronome spécialiste d’élevage, est âgé de quatre vingt quatre ans. Il fut l’un des fondateurs de la Faculté des sciences vétérinaires de Bagdad.
De nombreux scientifiques honorés au cours de cette cérémonie avaient passé le plus clair de leur vie au service de leurs pays avant que l’occupation ne vienne les contraindre à émigrer. Parmi eux, nous signalons Hichem Mounir, l’un des plus grands architectes irakiens qui avait fondé le département d’architecture à l’université de Bagdad et construit de nombreux édifices importants tels que l’université de Bagdad à Jadria et la cité de médecine. Son conseil est une véritable carte de route, professionnelle et éthique, à l’attention des jeunes architectes et urbanistes de son pays: « soyez fiers de votre riche patrimoine de votre pays. Votre devoir est de le conserver et de le sauvegarder pour servir de source d’inspiration, d’innovation et de continuité ».
« Etre honoré c’est comme un parfum, qu’il faudrait humer et non absorber », dit un proverbe américain ! Pour Salah Al Wakil, le savant irakien le plus proche du prix Nobel, il n’y a pas de meilleur parfum que celui de la terre de la ville de Hilla, sa ville. Dans le discours de réception prononcé lors de son élection à l’académie nationale américaine des sciences, il fut question de la véritable révolution médicale accomplie par ses découvertes, dans le domaine des réactions enzymatiques, c'est-à-dire des éléments permettant d’assurer la pérennité de la vie.
J’ai été saisi de confusion au constat de l’immense sympathie envers l’Irak d’un certain nombre de grands scientifiques. Cette passion quasi mystique s’est révélée pour moi à l’occasion d’une conférence scientifique arabe tenue à Abu Dhabi. De retour à l’hôtel, en voiture, en compagnie de Salah Al Wakil et de Fawzia Al Bahrani, son épouse, cette dernière se mit à fredonner une vieille chanson du pays : « Où vas-tu donc, Où ? Et qu’en est-il de ton engagement ? Les yeux te pleurent jour et nuit »! Chanson reprise aussitôt par son mari.
Cette femme qui vit depuis un demi-siècle dans la haute société médicale américaine, avait fredonné la chanson avec la voix limpide d’une jeune irakienne de quatorze ans. J’ai résisté au désir de me retourner pour éviter de déranger Al Wakil dont la passion illuminait l’obscurité de la voiture : " Où vas-tu donc, Où ? Et qu’en est-il de ton engagement ? "

Mohamed Aref

Traduit de l’arabe par Ahmed Manai
http://rsistancedespeuples.blogspot.com/

http://www.tunisitri.net/

jeudi 23 avril 2009

Qual avenir pour l'Irak ? (témoignage)


QUEL AVENIR POUR L’IRAK ?
LE DOCTEUR OMAR KOUBEISI AU PARLEMENT EUROPEEN



Le BRusselstribunal a organisé les 18, 19 et 20 mars, en coopération avec Vrede, 11.11.11, INTAL, the Beursschouwburg, European Parliament, Belgian Parliament et Les Halles de Schaerbeek, une conférence intitulée : Quel avenir pour l’Irak ? Cette conférence, tenue au sein du Parlement Européen, a réuni de nombreuses personnalités politiques, des experts et des activistes anti-guerre, ainsi que des témoins irakiens du désastre que vit leur pays.
Nous avons choisi de traduire pour nos lecteurs français, l’intervention du Docteur Omar Al Koubeisi, cardiologue de renommée internationale, qui a vécu l’invasion de Bagdad puis partagé les souffrances de son peuple jusqu’à ce jour du 5 mars 2005 où, menacé de mort comme nombre de ses confrères, il a été contraint de quitter son pays.
A.M.

Au Nom de Dieu, Le Clément, Le Tout Clément


Madame la Présidente , Honorables Députés, Mesdames et Messieurs !


Permettez-moi de vous remercier ainsi que tous ceux qui m’ont offert l’opportunité de vous rencontrer aujourd’hui pour vous informer de la triste réalité que vit notre peuple éprouvé. En fait, il s’agit d’une situation tragique et insupportable que tous les hommes libres de par le monde et tous les humanistes soucieux du devenir de l’humanité, de l’amélioration des conditions de vie matérielle et morale, se doivent de connaître pour y mettre fin. Dans le cas de l’Irak, il s’agit pour son peuple de disposer de ses ressources et de ses richesses naturelles pour améliorer ses conditions de vie : la santé, la nourriture et l’éducation.


Mesdames et Messieurs,
Je viens de ce pays de la Mésopotamie , connu à travers l’histoire pour être le pays de la terre noire, synonyme d’immense richesse, de grande densité de population et de l’excellence de ses conditions de vie. J’appartiens à un peuple qui croule sous le poids de l’histoire et des civilisations qu’il a données à l’humanité depuis le Code Hammourabi, code juridique le plus complet de l’antiquité…au premier alphabet.
L’Irak a attiré depuis des millénaires de nombreuses populations et diverses ethnies, si bien que son peuple se présente comme une véritable mosaïque. Toutes les composantes qui se sont rassemblées sur cette terre y ont vécu en paix malgré leur diversité religieuse, confessionnelle et de couleur.
L’Irak a connu aussi de nombreuses invasions, sa richesse et sa position stratégique ayant souvent attiré les envahisseurs de tous horizons. Il en est sorti toujours victorieux et uni, regardant toujours dans la même direction.


Mesdames et Messieurs,
L’homme qui vous parle est médecin de son état, un cardiologue qui a travaillé pendant près de quarante ans dans sa spécialité au sein de l’administration irakienne et qui a connu divers régimes politiques sans jamais se reconnaître dans aucun d’entre eux.
Les Irakiens, ses nombreux confrères et ses innombrables étudiants témoignent qu’il a fait don de sa vie à la médecine et à ses patients et qu’il a toujours assumé son devoir de médecin dans les secteurs civil et militaire, dans la pratique et dans l’enseignement.


Mesdames et Messieurs,
J’ai étudié et entrepris de nombreux stages dans les hôpitaux européens, notamment en France, en Italie, en Grande Bretagne, en Irlande et en Belgique, en cardiologie et à diverses périodes de ma vie et notamment tout au long de la guerre et du boycott qui ont étranglé mon pays et ce, pour faire profiter les patients irakiens et aussi mes confrères du savoir faire acquis. L’Irak subissait à l’époque un boycott total sur tous les plans scientifique, technologique et économique et cela pendant treize ans.


J’ai été témoin direct de l’invasion de mon pays et de l’entrée des blindés américains à Bagdad les 9 et 10 avril 2003. Ils ont pilonné, incendié, détruit et laissé la ville en flammes. Ils ont fait de même du Centre de Cardiologie où je travaillais qu’ils avaient pilonné puis laissé en proie aux flammes, au vol et au pillage, sans jamais intervenir pour l’empêcher. Ils étaient là pour veiller au bon déroulement de leur opération de destruction.

Dans ce centre, nous faisions jusqu’à huit opérations à cœur ouvert. De nombreux médecins Britanniques, Suisses, Français, Italiens, Espagnols et Allemands venaient nous apporter leur assistance dans le cadre de leur engagement humanitaire.
Je me souviens très bien de l’appel téléphonique d’un confrère du sud de la France qui connaissait le centre pour y avoir travaillé des années auparavant, m’avertir du devoir de quitter l’hôpital rapidement. Il suivait les bombardements en direct à la télévision et voyait bien que l’hôpital était la cible de l’aviation américaine.
Je pleurais à chaudes larmes et j’implorais le commandant de l’Unité de blindés qui dirigeait les opérations aux abords du centre de cesser les opérations et de protéger l’hôpital et lui de rétorquer du haut de son char que je devais cesser de larmoyer parce qu’ils vont nous construire un nouvel hôpital plus grand que le premier, plus majestueux et plus moderne...


Mesdames et Messieurs,
Quand mes confrères et mes étudiants ont appris que j’allais vous rencontrer, trois cent cinquante d’entre eux, regroupés dans une union constituée récemment, m’ont chargé dans une lettre qu’ils m’ont fait parvenir deux jours avant mon départ, de vous faire part aussi fidèlement que possible de leurs soucis et de leur grande inquiétude sur la situation sanitaire catastrophique en Irak.


J’ai quitté l’Irak après avoir essayé longtemps avec mes confrères de continuer le travail avec le peu qui restait du Centre de Cardiologie. J’ai dû quitter le pays le 5 mars 2005 après avoir reçu une lettre de menace de liquidation physique au cas où moi et mes confrères n’aurions pas quitté le pays à cette date. Cette lettre, ainsi que les moindres détails de son ton, sont toujours gravés dans ma mémoire et me donnent des frissons comme au premier jour.


Mesdames et Messieurs,
Avant l’invasion de l’Irak et malgré les conditions dures du boycott, nous avions dix huit facultés de médecine, six de chirurgie dentaire et quatre de pharmacie, ainsi que des dizaines d’écoles et d’instituts de formation d’infirmières et de personnel paramédical.
La première faculté de médecine de Bagdad a été ouverte en 1927. Le doyen en était le Docteur Birham Sanderson, auteur de mémoires sur la période pendant laquelle il avait travaillé en Irak, intitulées « Dix mille et une nuits ».


Nous avions plus de trente neuf mille lits de d’hôpital dans les CHU, les hôpitaux régionaux, cantonaux et autres subdivisions administratives du pays. L’Irak avait aussi plus de trente quatre mille médecins dont un cinquième de spécialistes. Les Universités sortaient chaque année plus de mille médecins et nous disposions d’une production scientifique médicale couvrant plus de trente spécialités. Deux cent cinquante médecins spécialisés sortaient chaque année.
Ce sont ces cadres et ce personnel paramédical qui, avec une rare compétence et une abnégation sans limite, ont pris en charge les patients, les blessés et les handicapés d’une guerre longue et meurtrière aggravée par un boycott dévastateur sur tous les plans, y compris scientifique.
La Constitution irakienne de 1920 a inscrit le droit des Irakiens à l’éducation gratuite et ce, pour tous les niveaux de l’enseignement ainsi qu’aux soins et à la prévention pour toutes les pathologies.
Les services de soins ont couvert tout le pays, les zones rurales comme les zones urbaines et les villes. Le système d’enseignement, initié par les Britanniques, a permis de former des médecins dont nombre d’entre eux travaillent dans les hôpitaux et les centres de recherche des pays européens.


L’UNICEF, l’UNESCO, la Croix Rouge Internationale et d’autres organismes régionaux et internationaux ont évalué positivement les réalisations irakiennes dans les domaines de la vaccination, des soins préventifs, de la protection maternelle et infantile, de la médecine du travail, de la médecine scolaire, de la lutte contre les épidémies et de la santé publique ainsi que le contrôle des naissances. Cette politique de santé publique a permis la baisse de la mortalité infantile depuis 1980 et empêché le développement des épidémies et des maladies contagieuses tels que le choléra, la poliomyélite, le tétanos, la méningite et la coqueluche.


L’Irak a été le premier pays de la région à maîtriser l’extension du SIDA, de la consommation des stupéfiants, à étendre la construction des centres de protection maternelle et infantile, ainsi que des centres spécialisés de lutte contre le cancer, des maladies cardio-vasculaires, des centres de soins des maladies de l’appareil locomoteur, centres d’endocrinologie, de radiologie, neurologie, ophtalmologie, de lutte contre l’infertilité, l’incapacité motrice, toxicologie, homéopathie, acupuncture…etc.


Nous avons obtenu de grands succès dans le programme de distribution des rations alimentaires, des cliniques populaires et de l’assurance maladie. Le programme Pétrole contre la nourriture et les médicaments a permis d’alléger les souffrances de la population.


La politique d’importation des médicaments et des équipements de santé, tout au long des années soixante-dix, a permis de garantir un approvisionnement de qualité, sûr et diversifié, provenant des laboratoires internationaux les plus illustres. Nous avions développé aussi une industrie pharmaceutique locale qui répondait aux normes internationales en vigueur. D’autre part et pour éviter tout débordement et tout abus, l’importation a été centralisée au sein d’un organisme dépendant du ministère de la santé et sous les auspices d’un organisme scientifique compétent.


Mesdames et Messieurs,
J’en arrive maintenant au bilan de l’invasion et de l’occupation de l’Irak en 2003, sur les plans sanitaire et humanitaire au moment où nous commémorons le sixième anniversaire de ce tragique événement.


Pour vous éviter la perte de temps, je vais vous résumer en quelques chiffres la situation qui est la nôtre, sur la base des rapports et des études effectués par des organismes internationaux reconnus pour leur sérieux et leur objectivité dans les domaines de leur compétence.
Vous aurez en même temps des reportages sur CD, pour vous donner une idée des destructions de l’infrastructure du pays ainsi que de la violence, du terrorisme et des assassinats ciblés, notamment de médecins et des scientifiques, qu’endure notre peuple.


Il n’y a pas meilleur moyen de vous faire vivre les souffrances des femmes, réduites au veuvage par centaines de milliers, des orphelins par millions ainsi que les millions d’Irakiens contraints de quitter leur pays. Il n’y a pas meilleur moyen de vous faire partager le quotidien des Irakiens qui subissent la croissance vertigineuse de la criminalité, des maladies contagieuses, du trafic illégal des médicaments avariés, des bombardements sauvages des zones habitées, des massacres perpétrés chaque jour et dont vous connaissez quelques uns, notamment Haditha, Zengil et Mahmoudya.


Il n’y a pas meilleur moyen de vous faire partager la peur des Irakiens, subissant les liquidations physiques sous le prétexte fallacieux de lutte contre le terrorisme, le déni aux irakiens de résister et de combattre l’occupant illégitime, alors que toutes les lois donnent au peuple occupé le droit de résister et de chasser l’occupant par tous les moyens mis à sa disposition.


Résumons-nous !


L’Irak a perdu 70% de ses médecins, contraints à l’exil.
Plus de 5500 de ses scientifiques ont été assassinés, emprisonnés ou contraints à l’exil. Plus de 70% de ses hôpitaux sont entièrement ou partiellement hors d’usage et le rendement de ceux qui fonctionnent est inférieur au minimum nécessaire. 90% des médicaments utilisés dans le pays sont le fait d’un trafic illicite par des gens sans rapport avec le domaine où les pharmacies n’ont aucun rôle et ne sont donc pas contrôlés.


Les hôpitaux sont souvent le lieu de prédilection des liquidations physiques pour des motifs ethniques ou confessionnels et de terrorisme des milices.
Le ministère de la Santé est dirigé selon des critères confessionnels qui déterminent l’identité du ministre et des directeurs généraux. Il est d’autre part dirigé par des partis et des milices confessionnelles, son budget est l’objet de tous les détournements et son administration est déficiente.


La Commission de l’Intégrité, organisme officiel, estime à 2 Millions de $ le montant des détournements dans ce ministère, notamment par le biais des faux contrats et des achats fictifs.
On n’envisage aucun rôle de contrôle sur ce ministère aux médecins députés au Parlement et il semble même que ces derniers jouent un rôle négatif et participent à la corruption.
Extension des maladies psychosomatiques, de l’usage des stupéfiants avec la reprise des cultures du pavot et de la production d’opium.


Manipulation des tableaux de médicaments


Extension des maladies contagieuses et recours officiel aux fausses statistiques sur le choléra, la rougeole, la coqueluche, les cas de Sida, de toxoplasmose et de parasitologie.
Extension des produits alimentaires avariés par une importation sauvage.
Extension des cas de cancer et des difformités physiques par suite des rayonnements des produits toxicologiques et cancéreux.


Les incendies d’arbres et de forêts entières et la contamination des rivières particulièrement dans le sud et le centre du pays, conséquence de l’utilisation par les forces d’occupation de l’uranium appauvri et du phosphore blanc ainsi que des bombes à fragmentation.


Empêchement de toute mesure de protection et de délimitation des zones polluées.


Dissémination des mines et des obus non éclatés provenant des guerres précédents, notamment dans la région de Bassora.


Absence de coopération avec les organismes humanitaires tels que la Croix-Rouge Internationale et la mauvaise gestion et la corruption au sein du Croissant Rouge Irakien.


Pénurie des médicaments et des équipements et des instruments suite à la part minime (4%) qui leur revient dans le budget du ministère de la santé.


Manque d’eau potable pour 70% de la population et absence de canalisations d’eaux usées, ainsi que de l’électricité.


Depuis l’occupation, l’Irak compte un des taux les plus élevés de mortalité infantile et de nouveau-nés.


Plus de 4 millions d’Irakiens vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Plus de 5 millions de déplacés et d’exilés, 1 million de veuves et un taux de chômage supérieur à 28% .


Plus de 400.000 prisonniers et détenus.


Le résultat : le constat très clair c’est que l’homme a été visé en Irak dans sa santé physique et mentale de même que dans son identité et ce, par l’intermédiaire de l’éducation et de l’enseignement qui lui sont dispensés. L’objectif est de détruire le potentiel humain du pays et de dilapider ses ressources matérielles pour parfaire la destruction du pays, le démantèlement de son unité et ce, par l’institution du confessionnalisme à tous les nivaux de son administration, ce qui est en contradiction avec la compétence, l’honnêteté et le développement.


Traduit de l’arabe par Ahmed Manai


Dédié à la Résistance des peuples en lutte pour leur indépendance, leur liberté et leur dignité !

dimanche 12 avril 2009

du nouveau sur Youtube : l'Iraq et le BrusselsTribunal

[ Please distribute widely ]

http://youtube.com/BRussellsTribunal

Dear friends,
We have pleasure to announce the establishment of a YouTube channel for the BRussells Tribunal.

You can already view speeches delivered in an information session held in the European Parliament, organized by the BRussells Tribunal and partners and hosted by European Parliament Vice President Luisa Morgantini.

This event was part of a four day series of public events, 18-20 March, marking the anniversary of the illegal invasion and occupation of Iraq, under the title, "Occupation Year 7: What future for Iraq?"

The press release of these events can be viewed here.

Panel speakers were: Abdul Ilah Albayaty, geopolitical analyst and expert on Arab national movements; Dr Omar Al-Kubaisy, Iraq’s most renowned cardiologist and expert on the breakdown on public health in Iraq under occupation; Dr Falah Al-Khayat, former director general of the Iraqi Oil Ministry prior to the US invasion and an expert on the issue of the Iraqi oil industry; Dr Hassan Aydinli, EU Turkmen representative and expert on the fate of minorities under the sectarian governments promoted by the US occupation; and Shannon Meehan, International Rescue Committee director of advocacy and expert in refugee protection.
Hana Al Bayaty, coordinator of the Iraqi International Initiative on Refugees and member of The BRussells Tribunal, moderated the sessions.

We will be adding more video content in the coming weeks from events held in the Belgian Parliament and LES HALLES DE SCHAERBEEK and BEURSSCHOUWBURG.

Solidarity in struggle,

The BRussells Tribunal
http://brusselstribunal.org

vendredi 6 mars 2009

Un militaire américain condamné pour vol



Un militaire américain inculpé pour avoir volé de l'argent en Irak

06/03/2009


Un militaire américain a été inculpé jeudi pour avoir dérobé entre avril 2007 et février 2009 de l'argent destiné à aider les populations irakienne et afghane dans la reconstruction de leurs pays, c'est ce qu'a annoncé le ministère de la Justice américain.

Alors qu'il était déployé en Irak, ce capitaine de 28 ans est soupçonné d'avoir volé 690.000 dollars en liquide, de l'avoir envoyé par la poste chez lui, dans l'Oregon (nord-ouest) et de l'avoir déposé à son retour aux Etats-Unis sur des comptes ouverts dans plusieurs banques, a expliqué le ministère dans un communiqué.

Il est également soupçonné d'avoir cherché à "blanchir l'argent volé en acquérant une voiture de grande marque et un Hummer, en plus d'ordinateurs, de matériels électroniques et de meubles".

Les fonds provenaient d'un programme de donations américain, le Cerp, destiné à répondre aux besoins urgents de secours et de reconstruction, en Irak et en Afghanistan.

Le militaire en avait la responsabilité en tant qu'officier des affaires civiles de bataillon, dans la ville d'al-Muqdadiyah, à 100 km au nord de Bagdad. Inculpé par un jury fédéral de Fort Lewis (Washington, ouest) où il est basé, il encourt jusqu'à 30 ans de prison et 1,5 million de dollars d'amende.